‹ AlcméonChapitre 11 sur 49 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

ARSINOÉ

A tant de changements votre âme résolue Me vient-elle annoncer sa victoire absolue? Et cette autre union qui fait votre bonheur Va-t-elle à ma défaite accoutumer mon cœur? Je vous plains, si déjà certain de ma souffrance Vous avez sur mes pleurs fondé votre espérance. Je conçois que de moi l'on puisse se lasser. Mais n'ai pas consenti qu'on m'ose remplacer.

De mou aversion assez tôt informée, Je ne puis que vous plaindre ; et n'étant point aimée Je vous plains doublement de me voir malheureux, Sans apporter d'obstacle et de terme à mes vœux. N'ayant auprès de vous d'appui ni de ressource Me blâmez- vous ailleurs d'en rechercher la source? Vous apprendrez plustard quels nœuds je pais former, Vos plaintes jusque-là doivent se renfermer.

ARSINOÉ

Je connais l'union dont j'ai droit de me plaindre Aussi bien que les nœuds que vous voulez enfreindre. Renoncez à l'hymen qui faisait votre espoir Pour ranger vos désirs sous la loi du devoir. Les riches dons, les biens, dont votre âme estjalouse, Etqucvoustransportez aux mains d'une autre épouse.

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