‹ AlcméonChapitre 12 sur 49 · ACTE n, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE n, SCÈNE II

Sachez que c'est ma dot, qu'ils vous vinrent de moi Quand un premier hymen nous rangea sous sa loi. La reine les reçut des mains de Polynice, Du sort d'Amphiarus découvrant l'artifice, Mon père à ses aveux en accorda le prix.

A.LCMÉON.

De Polynice, ainsi, nous serions donc les fils ? D'une délation ce présent est l'échange. Et, pour dernière horreur de ce mystère étrange , La reine est votre mère?

AlRSINOÊ.

En m'unissant a vous, Elle devint ma mère.

ALCHÉON.

Et je fus votre époux, Pour recevoir le prix d'un lâche parricide ? Un inceste est le fruit de ce complot perfide? ■Comment d'un père, ôciel ! expier les mépris, Et la tache imprimée à l'honneur de son fils?

ARSINOÉ

Quels torts ! quel parricide ! et quelle affreuse injure, Dont vous n'ayez bientôt dépassé la mesure ! Ne sais-je pas seigneur, comment vous remplissez Les ordres, les devoirs à votre honneur tracés? Ne reçûtes-vous pas de la bouche d'un père L'ordre do le venger sur les jours d'une mère , Si dans Thèbes arrêté, surpris par le trépas, Il tardait de rentrer au sein de ses Etats ?

A cette voix sacrée empressé de vous rendre Comment à ses avis vous vit-on condescendre? De quoi vous plaignez-vous? Et de l'inceste enfin, Du parricide affreux, dites quel inhumain Doit craindre plus que vous la tache criminelle, Lorsqu'à sa volonté vous vous montrez rebelle?

ALCMiON.

Quel ordre? Quel avis?

ARSINOÉ

Oui, seigneur, déguisez Quels ordres, quelles lois vous furent imposés. Ils ne sont pas restés dans la nuit éternelle Tellement inconnus qu'on ne vous les rappelle; Et s'ils ne troublent pas dans sa tranquillité. De votre mère encor l'horrible impunité. Quand il en sera temps je saurai l'en instruire, Et lui ravir la paix que ce jour va détruire.

Page 1