ACTE m, SCÈNE lll
Polynice , entraîné sur ses pas disparus , Découvrit , poursuivit les jours d'Amphiarus. Depuis, devenu père , il vous donna sa fille Qu'un adultère hymen mit dans votre famille. Vous allez renoncer à vos indignes nœuds Et d'un père absolu remplir les justes vœux , Ou jamais à la paix vous ne pourrez prétendre Pour un fils à ses vœux indocile à se rendre.
ALGMÉON.
Ah ! que prétendez *vous? qu'osez- vous attester? Moi ! qu'aux jours d'une mère il me faille attenter ? Que je suis loin, grands Dieux ! d'un si barbare zèle ! Et quel emportement vous anime contre elle ?
ARSINOË.
Quoi ! ne fûtes-vous pas de même à mon égard ? Et pour vous effrayer serait-il donc trop tard ? N'est-ce pas dans vos vœux que ma perte transpire? Et n'est-ce pas aussi que la reine y conspire ? Laquelle a plus de torts , d'une mère ou de moi , Ressent plus de terreurs, inspire plus d'effroi ? N'a-t-elle pas pour vous redoublé mon offense , En m'accablant des torts de ma triste naissance? Qu'attend votre fureur sur ses vrais ennemis , Que de venger un père à ce point compromis ? La laissez-vous ici vous combattre et me vaincre , Quand je puis de ses torts moi-même la convaincre ? Étouffez dans un sang digne de ces horreurs Un funeste poison source de vos erreurs. Elle vient; laissez-moi moi-môme la réduire Aux étonnants aveux dont je dois vous instruire.
Ah ! Madame, gardez par vos vœux indiscrets Des Dieux sur vos fureurs d'irriter les décrets.