‹ AlcméonChapitre 27 sur 49 · ACTE m, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VI

M'ont arraché l'espoir de pouvoir la contraindre Et me fout redouter le sort qu'elle en doit craindre. D'après ce que j'ai vu de son emportement A condamner l'excès de votre égarement, Que n'oserait sur moi sa cruelle vengeance , Pour punir d'un époux la nouvelle inconstance ? '

GALLIRIIOÉ.

Combien m'étonne, hélas ! votre sévérité Par ce refus étrange et si peu mérité? Ainsi , par vos aveux secondant ma tendresse , Vous flattiez vainement mon imprudente ivresse? Et si prés de ma perte et du terme où je cours , Vous m'osez refuser vos inconstants secours? Est-ce là le retour où je devais m'attendre Après tant de constance , une amitié si tendre , Et tout l'attachement que je vous ai juré Pour un hymen trompeur et trop aventuré ?

ÉRIPHYLE

Non, je n'ai point pour vous abjuré mes alarmes. Dans mon isolement, ma langueur et mes larmes, Vos soins , votre amitié, la paix que j'en ressens. Sont encor dans mes maux les dons les plus puissants. Mais jugez de mon sort I Déployant ma colère Sur l'épouse et l'enfant dont je me sens la mère , La puis-je , hélas ! trahir ? Le puis-je sans trembler , Lorsqu'à rompre ses nœudsmon cœur doit chanceler? Quand pour la remplacer je ne puis sans la craindre, Vous immoler des nœuds qu'il me faudrait enfreindre.

ih ALCMÈON.

CALLIRHOÉ

Me donner votre fils, le nommer mon époux, C'est trahir vos devoirs et vous perdre pour nous : Mais pour n'oser en plein achever votre ouvrage , Ai'je à votre concours refusé mon courage ? Et pouvez-vous douter que, pour vous soutenir , Je m'engage à l'époux à qui je dois m'unir ? Que pour lui résister une âme assez rebelle Ne rencontre en mon cœuc une épouse fidèle ?

ÉRIPHYLE

Et vous, sur mes dapgers cherchant à m'aguerrir , Voulez- vous donc aussi me forcer de périr? Afin de vous sauver recherchez-vous ma perte? Hélas ! à vos désirs mon âme s'est ouverte. Mais que peuvent vos vœux , triste Callirhné ? Et comment résister aux droits d'Arsinoé, Qui bientôt de l'époux dont la fuite l'outrage , Réclamera l'hymen dont j'ai fait mon ouvrage? C'est ce qu'il vous faut craindre. Eh ! ne voyez- vous pas De quels piégés encore elle a semé vos pas , Lorsque de Télénus , avec la mémo adresse , Elle a pour vous unir secondé la tendresse ? Frère d'un autre lit , choisi pour votre époux , Sa seule inimitié le soutient prés de vous. Que ne pourra sur vous leur haine réunie , Que leur espoir déchu rendra votre ennemie ?

CALLIRHOÉ

Leur haine, croyez-m'en, ni leurs efforts sur moi, Ne sauraient d'Alcméon me disputer la foi ,

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