ACTE IV, SCÈNE II
Sans m'entendre d'abord vous m'avez condamné, El je vois à vous fuir tout mon espoir borné ; Mais ce désir crueï dont la haine m'accable N'est pas dans votre bouche un trait irrévocable. Et vous rétracterez un arrêt suborneur, '^'^
Si peu d'accord aux vœux formés dans votre cœui*'.'*^ De vos premiers serments enfin qu'il vous souvienne, Examinez les vœux formés dans votre haine; Esl-il dans le devoir que vous abandonniez Celui que vos aveux retenaient à vos pieds ? Que moi-même, un amant sûr de votre tendresse, Je vous livre à l'objet d'une nouvelle ivresse.
CALLIRHOÉ
Seigneur, épargnez-vous des regrets superflus, Sûr que de mon côté je n'y répondrai plus. Je n'ai point sur mes vœux à m'expliquer d'avance D'un nouveau changement ou de mon inconstance, Ni vous dire à quel point l'ordre que j'en reçoi Doit plier ma tendresse aux volontés du roi. Sans doute la couronne et le choix d'un empire Valent bien qu'on se prête k l'hymen où j'aspire; Et je crois sur ce point déjà vous avoir dit Qu'un reproche plus long vous devient interdit; Que le roi prendrait mal une telle imprudence, Et pourrait se flicher d'un discours qui l'ofFenso.
TÉLÉNUS.
Je crois à vos discours que, prêle h le haïr, Votre âme en m' approuvant tremble de se trahir,
40 ALCi>]ÉON.
Et que vous redouiez qu'on ne vous lasse un crime De votre résistance au joug qui nous opprime. S'il n'avait le pouvoir de vous intimider, Vous-même à me trahir qui peut vous décider? Et quoique, dans sa cour, l'otage de sa haine, Pensez-vous sans appui qu'elle vous y retienne? Qu'un refuge assuré, plus grand que son pouvoir, Ne le force à plier sous la loi du devoir ? Et qu'il ne cède enfin à Tilluslre alliance D'aïeux plus relevés que ne l'est sa naissance? Ce rang vous est offert; le fils d'Amphiarus Ne saurait s'égaler au sang de Labdacus ; De Polynice en moi vous épousez la race.
CALLIRHOÉ
Épargnez-moi l'honneur que ce nom vous retrace. Je crois déjà, seigneur, vous avoir prévenu Qu'à contraindre mes vœux vous seriez mal venu ; Que quelqu'iilustre aïeul qui m'adopte pour fille, Le roi doit seul régler mon rang et ma famille , Et que de sa faveur je ne descendrai pas Sans qu'on me la dispute avec d'autres appas.
TÉLÉNUS.
Dites sans olîenser une épouse , une reine,
Qu'au raB^ qu'elle mérite il faut que je soutienne.
Frère d'Arsiuoé, me croyez-vous d'humeur
A vous voir enlever les titres de ma sœur?
Et de ce seul divorce obtciiaul deux victimes,
'Que vous rompiez sans droit des nœuds si léqilimps?