‹ AlcméonChapitre 29 sur 49 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

Aidez-moi, s'il se peut, à rompre de 'tels coups , Sachez triompher d'elle ou soyez sou époux. Prévenez , s'il est temps , un désordre funeste, Et voyez pour agir quel obstacle nous reste.

ÏÉLÉNUS.

Puisqu'aux vôtres le sort assemble mes malheurs , Je dois à votre plainte exposer mes douleurs. Loin qu'à s'en dépouiller elle puisse s'attendre, Sûre de la grandeur où je l'ai vu prétendre , Callirhoé jamais no peut à mon amour Offrir que les mépris dont j'obtiens le retour. C'est en vain qu'à ses vœux opposant ma constance , A ses premiers serments j'offre sa résistance ; Mon amour ne peut rien pour vaincre la froideur Qu'arme contre mes feux sa prochaine grandeur. Tâchons (^onc d'accorder sa flamme à votre haine, Et cherchons le moyen de mieux faire une reine.

ARSINOÉ

Le cœur par ses refus si longtemps éprouvé , Vous m'ouvrez un avis que j'ai d'abord trouvé. J'ai pensé vous le dire. Est-il quelqu'espérance De réunir deux cœurs si mal d'intelligence? Yous-môme , à ce parti faut-il vous abaisser » Sûr d'avoir le secret de pouvoir l'y forcer? Il faut donc m'expliquer , honteuse à votre vue , Que vos ressentiments m'aient si mal prévenue ; C'est au courage seul à remettre en vos mains , Celle qu'un autre hymen arrache à vos destins.

Au temple déjà prêt , afin de la réduire ,

Des amis apostés sauront vous introduire.

Là , de Callirhûé vous déclarant l'époux ,

Vous verrez par l'hymen ses autres nœuds dissous ;

La force achèvera de vous en rendre maître,

Et ce que vous perdiez saura vous le soumettre.

TÉLÉMUS.

Je puis facilement répondre de l'époux ,

Mais contre le vainqueur suis-je assez sûr de vous?

Et puis-je de vos nœuds vous ravir l'espérance ?

AKSIKOÉ.

Quoiqu'il puisse arriver, comptez sur ma constance.

Allez donc , suivez-la, ne vous séparez pas;

Quand moi-même à la reine attachant tous mes pas ,

Sur moi de son pouvoir détruisant la puissance ,

Je vais de ses efforts détourner l'inclémence.

Mère dénaturée, elle fait à mes yeux

Des torts de ma naissance un forfait odieux.

Libre de tout devoir , en fille criminelle ,

Je n'ai qu'à m'aîîranchir de mon époux et d'elle.

Callirhoé survient ; pour lu rendre au devoir, Prévenez les fureurs d'un cœur au désespoir.

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