SCÈNE III
CALURHOÉ. ALCMÉON.
CALLIRIIOË.
Que fait votre couraije? On me brave à vos yeux , Sans que vous réprimiez ce coup audacieux. En vain à mes regards la malveillance éclate, Quand de vous échapper je vois qu'elle se llatle. Si vous restez en butte à ces vils attentais Notre espérance échoue et ne s'accomplit pas. Arsinoé déjà redouble la menace Dont ses premiers aveux vous ont appris l'audace ; Et son frère à l'instant vient de manifester Des desseins qu'envers vous j'ose à peine attester. Quoi ! de vos ennemis mourrai- je la victime, Sans les voir désarmés par un nœud légitime?
J'ai prévu dés longtemps ces efforts impuissants, Et mes ordres suivront des i)érils plus pressants. Contenez vos terreurs.
GALLIRHOÉ.
Si je dois vous les taire , A les mieux prévenir qu'attend votre colère? Sera-t-il temps ylors qu'accroissant leur alTront, De nouveaux ennemis aux nôtres s'uniront? Eriphyle d'abord, approuvant ma constance, Favorisa mes vœux ou bien mon imprudence, Quand des chagrins récents et peut-être des torts Sur ma rivale heureuse excitaient ses remords. Mais pour sa fille enfin sa terreur disculpée Fait place à la pitié dont elle est occupée , Et, se montrant sensible à ses nouveaux malheurs. Semble accueillir sa plainte et condamner mes pleurs. Lui donnez-vous le temps d'assurer sa victoire, Afin que de me vaincre elle emporte la gloire?
Entre elles, je l'avoue, un pareil changement
Me semble de leur haine un grave événement,
Après que les aveux de sa triste naissance
Ont pour Arsinoé désarmé sa clémence.
Ce calme de la reine et ce barbare accueil
A l'ombre d'un époux font un funeste deuil.
J'aurais pu dans la nuit d'un rigoureux silence
Excuser pour sa fille un reste d'indulgence ;
Mais lorsque sa faiblesse , on l'approchant de moi.
En fait un lâche outrage à l'ombre de son roi,
Puis-je donc oublier la sentence sévère
Dont s'arme contre moi la volonté d'un père!
Et que ce père môme excitant ma fureur
Me demande sa mort pour prix de son erreur?