ACTE IV, SCENE III
Faul-il donc la punir malgré mes vœux pour clic Et li'aitcr en coupable une mère cruelle? Est-ce ainsi que des Dieux le courroux irrité D'un (ils dans son devoir reconnaît la bonté? Lorsqu'eiicor si rebelle à l'en rendre victime Leur funeste ascendant me commandait un crime? Ou plutôt est-ce ainsi que ces Dieux inhumains Pour leurs ordres cruels punissent mes dédains? Ah ! malgré la rigueur d'un si triste supplice , Sauvez-moi de l'horreur de m'en rendre complice !
CALLIRIIOÉ.
Ne la partagez pas ; contenez la terreur Des excès dont on veut vous inspirer l'horreur. Un fils peut-il ainsi d'une aveugle démence Sur un ordre inhumain s'armer sans résistance? Loin de vous condamner de la tendre pitié Qui soustrait une mère à votre inimitié, Sur Arsinoé seule arrêtez la vengeance Des noirs emportements nés de sa violence. Devrait-elle à ce point d'un barbare transport, S'armer contre une mère et demander sa mort ?
Oui, j'en crois votre voix plus douce et plus humaine.' Ainsi que mon amour vous gouvernez ma haine ; Calmez par vos conseils un cœur où vous régnezyoïJ Que de pleurs, de regrets, ô ciel ! vous m'cpargnëzV Je vais revoir la reine avant de rien résoudre , lit de ses désaveux [)rendre droit de l'absoudre. '
lili ALCMÉON.