SCÈNE VII
ALCiMÉON, ARSINOÉ.
ARSINOÉ
Eh bien, de cet hymen où mon cœur se résigne, Vous allez par vos soins enfin vous rendre digue;
Par votre obéissance il le faut mériter,
Kt des ordres d'un père oser vous acquitter.
Cette expiation d'une cruelle offense
Vous exempte des torts d'une injuste naissance ;
Et du même fardeau me sentant oppresser j
Je veux à ce devoir moi-même vous forcer.
Ce n'est qu'en remplissant l'espérance d'un père
Que le ciel peut bénir votre union prospère.
Allez donc , et portez, gardez à d'autres nœuds
La main que ce devoir charge d'un crime affreux î
Les Dieux n'ont point encore appuyé d'un oracle L'ordre à qui mes refus pourraient servir d'obstacle, Et leur sévérité ne saurait me punir Des liens criminels qui pouvaient nous unir , Quand de ces mêmes nœuds découvrant l'imprudence J'en voudrais avec vous repousser l'alliance. Puisse un nouvel hymen, l'objet de nos souhaits, Ne nous pas éprouver par de plus longs regrets! Vous qui, de mes remords m'armant contre une mère, Excitez ma tendresse au souvenir d'un père , Craignez par un retour qu'on ne peut prévenir D'en tourner contre vous l'importun souvenir, Et que du zèle outré qui contre elle s'anime, Vous-même en l'accusant vous ne soyez victime.
ARSmOÉ.
Oui , seigneur , menacez par des vœux superflus , Mes jours en sûreté qui ne vous craignent plus.