LOI
‘Chacun de nous devra parler, autant que possible et de son mieux, la langue hellénique ; celui qui ne le ferait pas, seraobligé, pour punition, de réciter devant nous trente vers d'Homère.
(Suivent les signalures.)
À cette époque, malgré la fermentation des esprits en Grèce, dont j'étais le témoin et le confident, et malgré la haine sourde et invétérée qui avait peine à se contenir dans toutes les parties de la Grèce, j'étais loin de croire qu'un soulèvement aussi subit et aussi général allait briser le joug des Turcs. Cet acte de désespoir, et même de démence, si l’on compare l'inégalité des forces, pouvait perdre la Grèce ; mais elle étonna l’Europe par son héroïsme et sa persévérance, et elle dut son salut à l’opinion soulevée dans le monde civilisé par l'immortalité des services que lui rendit l'antque Hellade. On peut donc l’affirmer, à l’éternel honneur des lettres et des beaux-arts, que c’est la toutepuissance de ces souvenirs qui produisit ce miracle. Dans tous les pays, chacun, se rappelant les impres- Sions de son enfance, voulut contribuer par ses écrils, parses paroles, d’autres même par leurs actes, à l'affranchissement de la Grèce.
Je me félicite d'y avoir concouru en préparant l'organisation du célèbre Comité philhellénique de Paris par un premier Appel que je reproduis ici à titre de document historique. Ce Comité, qui comptait dans son sein un grand nombre d'hommes illustres, pour ne citer que le duc de Broglie, Chateaubriand, le duc de Choiseul, Benjamin Delessert, le comte Alex. de Laborde, le comte de Lameth, le comte de Lasteyrie, Casimir Périer, le baron de Staël, Ternaux, Villemain, etc., rendit de grands services à la jeune Grèce, au point de vue moral et matériel.