ANGLETERRE
Cambridge.
La présence dans cette ville d’une célèbre université, fondée en 1229, a motivé la création assez rapide d’une imprimerie grecque, dont l'initiative appartient peut-être à Th. Linacer, savant ami d’Alde. Dès 15214, l'imprimeur Jean Siberch employa des caractères grecs fondus, dont le titre de l'ouvrage suivant nous offre un spécimen : Lepidissimum Lucian: opusculum ΠΕΡῚ ΔΙΨΑΔΩΝ Henrico Bulloco interprete. Ex præclara
” Academia Cantabrigiensi An. MDXXI. A la fin : … CANTABRIGIÆ per Johannem Siberch. In-4. On considère cet opuscule comme le premier livre sorti des presses de Cambridge.
Un autre volume, daté de la même année, porte aussi sur le titre deux mots grecs : Cujusdam fidelis Christiani epistola ad Christianos omnes.… Subsequitur et Divi Aucusrint de miseria ac brevitate huius mortalis vilæ, sermo devotissimus, et ad mundi contemptum efficacissimus, TIANTQ METABOAH...
J'ignore quel est le premier volume imprimé, dans cette ville, entièrement en grec.
Londres.
Reginaldus (Reynold) Wolf avait été invilé par Henri VIII à venir s'établir à Londres, et, à la date du 19 avril 1547, un privilége lui fut accordé pour l'impression en latin, grec, hébreu et pour les grammaires dans lesdites langues, sous peine, pour les contrevenants, de forfaiture et confiscation de livres contrefaits, et de plus, comme encouragement, il lui fut alloué annuellement sa vie durant, sur le trésor royal, la somme de vingt-six sols et huit deniers.
Le premier livre sorti des presses de Reynold Wolf est, à ce que je crois, le texte grec, avec la traduction latine, des Curysosrom Homiliæ dus ; Londres, 1543, in-4 (1).
(1) Typographical antiquities, par Ames, Herbert et Dibdin, t. IV, p. 7.
Reynolds et sa femme, qui lui succéda, cessèrent d'imprimer en 1580.
John Day, qui commença à imprimer en 1552, a, dit-on, perfectionné les caractères grecs; mais, dans l'énumération que donne Ames de ses productions, je ne vois qu’un seul livre qu'il ait imprimé en grec : c'est un petit volume 1in-12, intitulé Χριστιανίσαου στοιχείωσις, destiné à l'utilité des enfants, en grec et en latin; Londres, 1578.
Palmer, dans son Histoire générale de l'imprimerie (Londres, 1733, in-4), dit avoir vu un dictionnaire grec, latin, français et anglais, intitulé Apiarium (la Ruche aux abeilles), chef-d'œuvre d'impression, de correction, de méthode et de disposition. Le seul exemplaire dont il ait eu connaissance est imprimé par William Seres, à Londres, en 1580; il n’en indique pas le format (1).
La liste des impressions données par Ames s’arrête à l’année 1590, et je ne vois aucun livre grec imprimé à Londres jusqu'à l’année 1603, date de la mort d'Élisabeth (2), ce qui est d'autant plus extraordi-
(1) Dans son article sur William Seres, p. 379, il dit même que Seres fut associé avec John Day pour quelques ouvrages; mais, dans l’éaumération que fait Ames des livres de ces deax imprimeurs, il n’est fa:t aucune mention de ce livre soit chez l’un 501 chez l’autre. Les premiers livres avec date, imprin.és par John Day, datent de 1552 et s'arrêtent à 1584. Ceux de Seres commeacent à 1548 et s'arrétent à 1575. Comment concilier le dire de Palmer. qui dit avoir va cet insportant ouvrage, et les deux catalogues donnés par Ames ?
(2) Dans une conversation avec cette reine, Soffrey de Calignoa, chancelier de Navarre, chargé par Henri IV d'une mission auprès d’Élisabeth, fut interrogé par elle au sujet d’un passage de Lycophron, dont elle faisait La traduction. Elle lui montra ensuite des tragédies de Sophacle et deux discours de Démosthène qu'elle avait traduits, et
PREMIÈRES IMPRESSIONS GRECQUES. θοῦ
naire que la fille de Henri VIII savait fort bien le grec, et que Henri VIII, qui le savait aussi, avait encouragé, dès 1547, l'impression des livres grecs.