‹ Aldéhydes et produits aldéhydiques employés en pharmacie. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 31 sur 31 · Ü CH · texte numérisé non relu

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La première a été donnée par Keknlé, la deuxième par M. Haller.

Ces formules représentent le camphre comme un dérivé du benzène tétrahydrogéné, et qui n’en serait que la cétone fermée. Si, en effet, on soumet le camphre à l’action de l’hydrogène naissant au moyen du sodium et du toluène, on obtient le bornéol sodé qui, au contact de l’eau, se dédouble en alcali et bornéol, produit à fonction alcoolique et qui diffère du camphre par H 2 en plus. Inversement, le bornéol soumis à l’action des oxydants fournit le camphre.

La fonction cétone est mise encore en évidence par la propriété que possède ce corps de fournir une oxime avec l’hydroxylamine et une hydrazone avec la phénylhydrazine.

On a donné beaucoup d’autres formules du camphre; celles qui paraissent cadrer le mieux avec les faits, sans cependant les expliquer tous, sont les deux précédentes, qui ne diffèrent que par la place de la double liaison.

Le camphre existe à l’état naturel dans le bois du Laurus camphora, arbre répandu en Chine et au Japon. Pour l’extraire, on fait bouillir les racines et les branches avec de l’eau et on recouvre d’un chapiteau en paille de riz. Le camphre, entraîné par la vapeur d’eau, se dépose sur la paille, d’où on le sépare ensuite par le battage.

Le camphre obtenu est ensuite raffiné en' le mélangeant avec un peu de chaux et de limaille de fer, puis le sublimant dans de grands matras de verre.

Il forme des masses cristallines d’odeur forte et pénétrante, de saveur brûlante. Il fond à 175 et bout à 204®.

Le camphre présentant un atome de carbone asymétrique doit pouvoir se présenter sous trois formes isomériques :

La variété droite est contenue dans le Laurus camphora; le pouvoir rotatoire est a D = + 42 ;

Le camphre gauche se trouve dans l’essence de matricaire #d = — 42;

Le camphre inactif, par compensation, se trouve dans les essences de lavande, de sauge.

Dans les essences, on trouve de plus des quantités variables de bornéol droit et gauche qui fournissent par oxydation des mélanges de camphre droit et gauche, et qui par suite ont un pouvoir rotatoire différent de 42.

Enfin, MM. Bouchardat et Lafont, en traitant l’essence de térébenthine par l’acide acétique, obtinrent des camphols fournissant par oxydation des camphres à pouvoir rotatoire très différent des précédents.

Les mêmes auteurs, en faisant agir l’acide benzoïque sur l’essence de térébenthine, ont obtenu un éther d’un isomère du bornéol et qui a fourni par oxydation un camphre identique à celui que l’on retire de l’essence d’anis, c’est-à-dire à la fénolone.

Ces camphres sont sans doute des isomères des produits naturels.

Le seul camphre usité en pharmacie est le camphre des laurinées, fort peu soluble dans l’eau, beaucoup plus dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, les huiles fixes.

A petites doses : 5 à 10 centigrammes, il produit des effets sédatifs; à plus forte dose, c’est un excitant.

On l’emploie surtout comme antiseptique et parasiticide.

Bordeaux. — Imprimerie G. Gounouilhou, ruo Gutraude, 11.

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