ONT PRODUIT
Aux compositeurs
Aux directeurs
Aux pressiers
Aux acteurs
Aux papetiers
Aux décorateurs
Aux brocheuses
Aux costumiers
Aux libraires
Aux propriétaires
Aux courtiers
des salles
Aux commission-
Aux comparses
naires
Aux gardes et
Aux messageries
pompiers
Aux cabinets litté-
Aux tailleurs
raires
Aux marchands
Aux dessinateurs
d'huile Aux cartonniers
Aux musiciens Aux pauvres (droit
des hospices)
Aux afficheurs
Aux balayeurs
Aux assureurs
Aux contrôleurs et
employés
Aux machinistes
Aux coiffeurs et
coiffeuses
En fixant le salaire quotidien à 3 francs, comme il y a dans l'année 300 journées de travail, mes livres ont donné pendant vingt ans le salaire à 692 personnes.
Mes drames ont fait vivre à
Paris, pendant 10 ans, 347
personnes.
En triplant le chiffre
pour toute la province 1.041 Ajoutez les ouvreuses,
chefs de claque, fiacres 70
Total 1.458
DRAMES ET LIVRES en moyenne ont donc soldé le travail de 2,160 personnes.
Ne sont point compris là-dedans les contrefacteurs belges et les traducteurs étrangers.
Bientôt suivit cette ciixulaire, aux pasteurs d'âmes parisiens :
« Monsieur le Curé,
(( Si, parmi les écrivains modernes, il est un homme qui a défendu le spiritualisme, a proclamé l'âme immortelle, exalté la religion chrétienne, vous me rendrez la justice de dire que c'est moi. Aujourd'hui je viens me proposer comme candidat à l'Assemblée Nationale. J'y demanderai le respect pour toutes les choses saintes, et, parmi les choses saintes, la religion a toujours été mise par moi au premier rang. Je crois la nourriture spirituelle aussi nécessaire à l'homme que la nourriture matérielle ; je crois qu'un peuple qui saura allier la liberté et la religion sera le premier des peuples. Je crois que nous scions ce peuple-là. C'est dans le désir de contribuer, autant qu'il est en moi, à cette œuvre sociale, que je viens vous demander non seulement votre voix, mais encore les voix que la haute confiance
inspirée par votre caractère peut mettre à votre disposition.
« Je vous salue avec l'amour d"un frère et Thumilité d'un chrétien.
(t Alexandre Dumas. »
Travailleurs et prêtres de Paris ayant fait la sourde oreille aux appels de Dumas, l'écrivain pensa à séduire la province. La Gironde d'abord le tenta, mais il avait affaire là à de si redoutables concurrents qu'il n'osa viser qu'une investiture éloignée :
« A Messieurs les Electeurs de la Gironde.
(i Messieurs,
« Sur l'invitation de quelques amis j'allais me rendre à Bordeaux pour solliciter vos suffrages.
« Mais j'apprends à l'instant que je me trouverais en concurrence avec MM. Thiers et Girardin.
(( Ce sont deux hommes trop considérables, l'un en politique, l'autre en journalisme, pour que je me hasarde à lutter contre eux.
« Tous deux ont rendu de grands services au pays ; récompensez d'abord les services rendus, c'est de toute justice.
« Moi, je n'ai point de passé politique qui puisse vous garantir l'avenir ; la guerre que je fais depuis deux mois à la réaction et à la terreur, voilà mon seul titre.
(( Maintenant nommez M. Thiers ou M. Girardin, et, comme l'un ou l'autre sera nommé ailleurs, permettezmoi de m'inscrire, dès aujourd'hui, pour une réélection où cette fois je ne céderai ma place à personne.
i( Ainsi, donc, Messieurs, s'il y a quelque sympathie pour moi dans votre belle Gironde qu'ont doublement illustrée et ses grands hommes et le grand poète qui s'est fait leur historien, acceptez-moi au lieu et place de la célébrité politique que vous allez nommer, faites-moi dire un mot aussitôt la nouvelle vacance connue et j'accours au milieu de vous serrer des mains amies quoique éloignées, sœurs quoique inconnues.
(( Veuillez agréer, Messieurs et chers concitoyens, l'assurance de mes sentiments les plus distingués.
(( 28 mai.
K Je n'ai pas besoin de vous dire quelle gloire, quel orgueil, quel bonheur ce serait pour moi d'être envoyé à l'Assemblée Nationale par les fils de ceux qui y ont envoyé les Guadet, les Vergniaud., les Barnave et les Gensonné. »
Les électeurs de Seine-et-Oise, sollicités ensuite par une brochure de treize pages, déclarent trop immoral, pour les représenter, Dumas qui se rabat enfin sur le département de l'Yonne, où l'option de Louis-Napoléon pour Paris crée une vacance. D'où cette requête :
« Citoyens,
(( Je suis le fils du général républicain Alexandre Dumas, l'un des plus purs enfants de la première Révolution ; je suis l'auteur des Mousquetaires, c'est-àdire d'un des livres les plus empreints du cachet national et de la couleur française qui existent dans notre Uttérature.
(( A ces deux titres, je sollicite votre voix comme représentant du département de l'Yonne.
« Ma profession de foi ne sera pas longue, pour vous qui ne prononcez pas habituellement des paroles inutiles.
a Fusion étemelle du jjeuple et de Varmée. La tranquillité de Paris et le salut de la France sont dans ces sept mots.
« Sans compter notre gloire à l'étranger.
(( Dieu nous donne, à nous, la tranquillité et le salut, à vous la gloire!
(( 29 juin 18-1-8. »
Nouvel échec, hélas! que l'infatigable candidat essaie de réparer, quatre mois plus tard, en s'adressant encore au même collège :
« Aux Electeurs de VYonne.
(( Citoyens,
H Pour la seconde fois, je me présente à la candidature dans le départem.ent de l'Yonne.
t( Aux dernières élections, quoique je n'aie pas eu le temps de faire connaître ma candidature, quoique je •n'aie fait en quelque sorte qu'apparaître dans le département, vous m'avez honoré d'un suffrage de plus de 3,000 voix.
« Aujourd'hui, les choses que j'avais prévues sont arrivées.
(( Les Autrichiens touchent aux Alpes.
(( L'empire d'Allemagne est près de s'étendre jusqu'au Rhin. Le socialisme s'agite.