LE COMTE
Sans doute un récit de combats, Ce livre?
JULIEN, regardant par-dessus l'e'paule du major C'est Victoires et Conquêtes.
LE CO.MTE.
Tu vois, enfant, je ne me trompais pas : Son cœur revole aux champs de rAllemagnL', Il croit encor voir les Français vainc^ueurs. .
Mon père, il lit la dernière campagne.
Car de ses j^eu.x je vois couler des pleurs.
Ces vers chauvins plurent à De Leuvcn, qui fit ensuite avec Dumas le Diner dWmis, vaudeville emprunté aux Contes à ma fille, de Bouilly, et les Abencérages, mélodrame inspiré du Gonzalve de Cordoue, de Florian. Avec ce bagage, Leuven partit pour Paris dans l'espoir d'y séduire quelque imprésario. Aucun n'avait ouvert sa porte quand Dumas, chassé de Viller.s-Cotterets par la misère, i^ejoignit son ami. Entré comme surnumél'aire au secrétariat du duc d'Orléans, Dumas, tout en
complétant ses études, pensa de plus en plus à demander au théâtre des ressources, que la faiblesse de ses appointements rendait nécessaires. C"est alors qu'il brocha, avec De Leuven et Rousseau, un \ audeville intitulé la Chasse el l'Amour qui, refusé par le Gymnase, fut accepté et joué par l'Ambigu-Comique ; puis, avec Lassagne, son sous-chef, et Vulpian, une autre pièce dédaignée par le Vaudeville et qui trouva asile à la Porte- Saint-Mailin, la Noce el l'Enterrement.
Ces deux actes furent imprimés sous le pseudonyme de Davy, car Dumas ne voulait mettre son nom qu'à une œuvre susceptible d'un grand retentissement. Rêvant dès lors des sujets de plus large envergure, il écrivit successivement une tragédie des Gracques qu'il jeta au feu, un drame en vers, traduit du Fiesque de Schiller, et le plan d'un ouvrage inspiré par les Puritains d'Ecosse. Enfin lui vint, à la vue d'un bas-relief exposé au salon de 1827, l'idée d'exploiter sur la scène le meurtre de Monaldeschi par Christine, reine de Suède. Ce drame, rimé pendant les loisirs que laissait à Dumas son travail de bureau, restait à le faire recevoir au Théâtre-Français, qu'avait visé le jeune auteur. Une lettre de l'obligeant Charles Nodier obtint pour Dumas une audition du baron Taylor, commissaire royal près la Comédie. L'auteur nous a conservé les singuliers détails de cette entrevue qui devait décider de son avenir.
<( A sept heures du matin je sonnai à la porte de Taylor avec un battement de cœur effroyable, on ne me répondit pas. Cependant j'entendais, en prêtant l'oreille, un bruit annonçant qu'il se passait quelque chose d'extraordinaire dans l'appartement ; c'étaient des sons confus et glapissants qui tantôt avaient l'air d'accents de colère et tantôt, retombant dans le mat, formaient la basse d'une musique monotone et continue. Je ne pouvais deviner ce que c'était: je craignais de déranger
Taylor en ce moment, mais néanmoins c'était bien l'heure fixée par lui pour le rendez-vous. Je sonnai plus fort; j'entendis qu'on ouvrait une porte; en même temps, ce bruit intérieur, inconnu, qui m'avait arrêté un instant, m'arriva plus mugissant que jamais. Enfin, une vieille bonne m'ouvrit.
K — Ah! monsieur, me dit-elle d'un air consterné, vous rendez un fier service à monsieur en arrivant, et il vous désire bien!
« — Comment cela?
K — Oh! entrez, entrez, ne perdez pas une minute!
« Je me précipitai dans la chambre et trouvai Taylor pris dans sa baignoire comme un tigre dans une -fosse, et ayant près de lui un monsieur qui lui lisait une tragédie d'Hécube. Ce monsieur avait forcé la porte, quelque chose qu'on eût pu lui dire ; il avait surpris Taylor, comme Cliarlotte Corday Marat, et il le poignardait dans le bain ; seulement l'agonie du commissaire du roi était plus longue que ne l'avait été celle du tribun du peuple : la tragédie avait deux mille quatre cents vers.
(( Lorsque ce monsieur m'aperçut, il comprit qu'on venait lui arracher sa victime ; il se cramponna ^i la bai gnoire en criant :
(( — Il n'y a plus que deux actes, monsieai\ il n'y a plus que deux actes !
(( — Deux coups d'épée, deux coups de couteau ; choisissez parmi les armes qui sont ici — et il y en a de tous les pays — choisissez celle qui coupe le mieux et égorgez-moi tout de suite!
({ — Monsieur, le gouvernement vous a nommé commissaire du roi, c'est pour entendre ma pièce ; il est dans vos attributions d'entendre ma pièce, et vous entendrez ma pièce !
(( — Eh! voilà mon malheur! Mais vous et vos pareils serez cause que je quitterai la France ; j'irai, s'il le faut,
en Egypte, je remonterai les sources du Nil jusqu'à la Nubie, et je vais chercher mon passeport...
(( En ce moment Taylor fit un mouvement pour s'élancer hors du bain. Le monsieur lui mit la main sur l'épaule, et le força de reprendre la position horizontale.
(( — Vous irez en Chine si vous voulez, mais vous irez après avoir entendu ma pièce.
« Taylor poussa un profond gémissement, comme un athlète vaincu, me fit signe de passer dans la chambre à coucher et pencha avec résignation sa tête sur sa poitrine ; le monsieur continua.
« La précaution que Taylor avait prise de mettre une porte entre lui, son lecteur et moi, était inutile ; je ne perdis pas un mot des deux derniers actes dlléciibe. Dieu est grand et miséricordieux, qu'il fasse paix à son auteur!
(( Le bain avait profité de la lecture pour refroidir, et Taylor rentra dans sa chambre à coucher tout grelottant ; j'aurais donné un mois de mes appointements pour qu'il trouvât son lit bassiné! Et cela est concevable.; on conviendra qu'un homme à moitié gelé et qui vient d'entendre cinq actes ne se trouve naturellement pas dans une situation d'esprit bien favorable pour en écouter cinq autres...
(( — Hélas! monsieur, lui dis-je, je tombe dans un bien mauvais moment et je crains que vous ne soyez guère disposé à m'entendre, du moins avec l'indulgence dont j'aurais besoin.
« — Oh! monsieur, je ne dis pas cela pour vous, me répondit Taylor, puisque je ne connais pas encore votre ouvrage ; mais comprenez-vous quel supplice cela est d'entendre, tous les jours que Dieu fait, de semblables choses?
« — Tous les jours''
« — Et plutôt deux fois qu'une. Tenez, voici mon bul-
110 ALEXANDRE DUiMAS
letin pour le comité d'aujourd'liui ; voyez, on nous lit un Epaminondas!
(( Je poussai un soupir : ma pauvre Christine était prise entre deux feux croisés classiques.
(( — Monsieur le baron, hasardai-je timidement, si vous voulez que je revienne un autre jour...
(( — Non, non, pendant que j'y suis, j'aime autant...
(( — Eh bien, je vais vous lire un acte seulement, et, si cela vous fatigue ou vous ennuie, vous m'arrêterez.
(( — Vous avez plus de compassion que vos confrères, c'est déjà bon signe... Allez, je vous écoute.
« Je tirai, tremblant, ma pièce de ma poche; elle formait un volume effrayant ; Taj'lor jeta les yeux dessus avec une espèce d'effroi instinctif.
(( — Ah! monsieur, me hàtai-je de lui dire, le manuscrit n'est écrit que d'un côté.
(( Il respira ; je commençai. J'avais la vue si troublée que je ne voyais rien, la voix si tremblante que je n'entendais pas moi-même ce que je disais. Taylor me rassura avec bonté; j'achevai tant bien que mal mon premier acte.
« — Eh bien, continuerai-je, monsieur? lui dis-je d'une voix faible et sans lever les yeux.
(( — Oui, oui, allez, répondit-il ; c'est bien, c'est très bien.
(( Je me repris à la vie et je lus mon deuxième acte avec plus de courage que l'autre. Lorsque j'eus fini,- Taylor fut le premier à demander le troisième, puis le quatrième, puis le cinquième. J'avais grande envie de l'embrasser ; il en fut quitte pour la peur.
« La lecture achevée, Taylor sauta ù bas de son lit.
a — Vous allez venir au Théâtre-Français avec moi, me dit-il.
(( — Qu'y faire?
(f — Prendre votre tour de lecture ; il faut que le comité entende cela le plus tôt possible... »■
Lue trois jours après, Christine fut reçue par acclamation. On ne la joua point, cependant. Un sieur IJrault, protégé du ministre Decazes, fit recevoir une pièce sur le même sujet ; il était malade et Dumas, sollicité de tous côtés, ne put refuser de lui céder son tour. Un heureux hasard lui donna, par honheur, le sujet dllenri lll qu'il fit en deux mois, lut d'ahord en petit comité, puis aux acteurs du Théâtre-Français qui le reçurent, comme ils avaient reçu Christine, avec enthousiasme. Cette fois, du moins, les efforts de l'auteur devaient être récompensés : Henri III fut joué sur notre première scène, le 11 février 1829, et obtint un succès considérable. C'est que l'avènement du drame historique avait une signification plus importante que la révélation d'un génie de vingt-sept ans : c'était l'émancipation d'un genre jusqu'alors emprisonné dans les langes de Timitation ancienne, une révolution littéraire dont les suites devaient être aussi utiles qu'intéressante'^.
Avec Henri III, Dumas sortit en môme temps de son obscurité et de la misère; ce fut justice, car, malgré la lenteur un peu fatigante du début, l'œuvre renferme des beautés scéniques de premier ordre, des situations émouvantes couronnées par un dénouement des plus pathétiques.
Devenu célèbre en un jour, Dumas vil s'ouvrir toutes grandes devant lui les portes jusque là fermées des entrepreneurs de spectacles. Harel réclama pour l'Odéon la Christine que la Comédie-Française laissait dormir dans ses cartons, et la joua, ainsi qu'un Napoléon fait sur mesure et Charles VII chez ses vassaux; il allait jouer Richard Darlinçiton, quand son accession à la Porte-Saint-Martin enrichit le premier théâtre des boulevards de cette magnifique étude de l'ambitieux politique.
Nous ne pouvons songer à faire, dans un chapitre.
l'étude des pièces de genres divers signées, pendant quarante années, par Alexandre Dumas, mais, à celui qui la voudrait tenter, nous dédierons un document précieux en sa sécheresse apparente.
Voici, dressée pour la première fois, la liste complète des ouvrages dramatiques que Dumas père écrivit, soit seul, soit en société, avec les noms de ses collaborateurs connus ou anonymes, et l'indication des parodies ou brochures écloses à l'occasion de ces pièces.
Ambigu, 22 septembre 1825 : la Chasse et V Amour, vaudeville en un 1 acte, par Rousseau, Adolphe (de Leuven) et Davy (pseudonyme de Dumas).
Porte-Saint-Martin, 21 novembre. 1826 : la Noce et VEnterrement, vaudeville en 3 tableaux, par Davy (Dumas), Lassagne et Gustave (Vulpian).
Théâtre-Français, 11 février 1829 : Henri III et sa Cour, drame historique en 5 actes.
Vaudeville, 28 février 1829 : la Cuur du roi Pélaud, vaudeville à tableaux, en 1 acte, par Alexandre et Henri (Alexandre Dumas, Gavé, Ferdinand Langlé et Adolphe de Leuven.). — Parodie non imprimée du drame précédent, qui donna lieu, en outre, à trois pièces : le Brutal, parodie-vaudeville en 2 actes, par Prosper (Armand Dartois, Barthélémy Jarnet et Michel Masson), représentée sur le théâtre de la Gaîté le 27 février 1829, non im.primée; Cricri et ses mitrons, petite parodie en vers et en 5 tableaux d'une grande pièce en 5 actes et en prose, par Carmouche, Jouslin de Lasalle et Charles Dupeuty, représentée aux Variétés le 7 mars 1829; le Duc de Prise, ou le Mouchoir criminel, parodie-vaudeville en 1 acte, par"*, représentée sur le théâtre du Luxembourg le 3 avril 1829, non imprimée. Gitons, en outre, cette bi'ochure : Indications générales pour la mise en scène de Henri III et sa Cour, par Albertin, directeur de la scène près le Théâtre-Français.
Odéon, 30 mars 1830 : Stockholm. Fontainebleau et Rome, trilogie dramatique sur la vie de Christine, 5 actes en vers, avec prologue et épilogue.
— Cette pièce donna lieu à la parodie suivante : Tmtine ou Çhaillot, Suresne et Charenion, trilogie sans préambule et sans suite en 30 actes, dune scène, et en vers alexandrins, par Carmouche, Frédéric de Courcy et Charles Dupeuty, représentée à l'Ambigu le 26 avril 1830,
Odéon, 10 janvier 1831 : Napoléon Bonaparte, ou Trente ans de V histoire de France, drame en 6 actes et 23 tableaux.
Porte-Saint-Martin, 3 mai 1831 : Anlony, drame en 5 actes.
— Parodie d'Antony : Baiardi, ou le Désagrément de n'avoir ni père ni mère, existence d'homme en 5 portions, par Dupin (avec Armand Dartois), représentée aux Variétés le 30 mai 1831.
Odéon, 20 octobre 1831 : Charles VII chez ses grands vassaux, tragédie on 5 actes.
Porte-Saint-Martin, 10 décembre 1831 : Richard Darlington, drame en 3 actes et 8 tableaux, précédé de la Maison du docteur, prologue, par Dinaux (Félix Beudin, Prosper Goubaux) et Alexandre Dumas.
— Parodié dans Riflard Droldeton, pièce en 3 actes, précédée de la Mansarde de la sage-femme, prologue par Dumersan, Brazier et Saint-Hilaire, représentée à rOdéon le 31 décembre 1831, et non imprimée.
Opéra-Comique, 6 février 1832 : Teresa, drame en 5 actes (en collaboration avec Anicet Bourgeois).
Théâtre-Français, 4 avril 1832 : /e Mari de la Veuve, comédie en 1 acte, par *** (Anicet Bourgeois, Durieu et Alexandre Dumas).
Porte-Samt-Martin, 29 mai 1832 : la Tour de Nesle,
drame en 5 actes et 9 tableaux, par Frédéric Gaillardet et"* (Alexandre Dumas) .
Porte-Saint-Martin, 28 août 1832 : le fils de l'Emigré, drame en 4 actes et 8 tableaux, précédé de l'Armurier de Brienlz. prologue, par Anicet Bourgeois (et Alexandre Duraas).
Porte-Saint-Martln, 28 décembre 1833 : Amjèle, drame en 5 actes (en collaboration avec Anicet Bourgeois).
— Cette pièce a donné lieu aux deux brochures suivantes : Angèk\ drame de M. Alexandre Dumas, vengé des critiques de ses détracteurs; — Angèle, drame en 5 actes, narré et commenté par M™« Gibou à ses commères, M"^ Pochet, la Lyonnaise, etc. (par Roberge).
Porte-Saint-Martin, 7 mars 1834 : la Vénitienne, drame en 5 actes, par Anicet Bourgeois (avec Alexandre Dumas).
— On lit sur ce drame une brochure : la '\'énHienne, de M. Anicet, comparée au Bravo de Cooper.
Porte-Saint-Martin, 2 juin 1834 : Catherine HoivarcL, drame en 5 actes et 8 tableaux (en société avec Anicet Bouigeois).
— On publia, à loccasion de cette pièce : Catherine Howard, drame en 5 actes de M. Alexandre Dumas, et Catherine Howard, d'après \^oltaire et d'autres historiens.
Variétés, 24 juin 1834 : la Tour de Babel, revue épisodique en 1 acte, par*" (34 auteurs en société, parmi lesquels Alexandre Dumas, chargé des scènes d'Antony et du Constitutionnel).
Porte-Saint-Martin, 21 mai 1835 : Cromicell et Charles Z^'", drame en 5 actes, précédé de : Un dernier jour de popularité, prologue, par Cordellier-Delanoue (avec Alexandre Dumas).
Variétés, 14 mars 183G : le Marquis de Brunoy, pièce
en 5 actes, par Théaulon et Jairae (avec Armand Dartois et Alexandre Dumas).
Porte-Saint-Mariin, 30 avril 1836 : Don Juan de Marana, ou la Chute d'un ange, mystère en 5 actes et 9 tableaux, prose et vers.
— Ce mystère donna lieu à la parodie suivante : Don Juan de Marana, ou la Chute d\in ange, drame en 10 tableaux, prose et vers.
Roberge).
Variétés, 31 août 1836 : Kcan, ou Désordre et Génie, comédie en 5 actes (avec la collaboration de Théaulon et de Frédéric de Courcy).
— Facétie inspirée par cette pièce : Kinne, ou Que de génie en désordre, variété en 99 couplets.
Opéra-Comique, 31 octobre 1837 : Piquillo, opéra-co mique en 3 actes, musique d'Hippolyte Monpou (en société avec Gérard de Nerval).
Théâtre-Français, 26 décembre 1837 : Caligula, tragédie en 5 actes, avec un prologue.
— Une poésie anonyme fut mise en vente à cette occasion : Messaline à Vauteur de Caligula, puis la parodie suivante : Catilina, pot-pourri, par Romain Duclacoir (Jules Lantin).
Odéon, 21 mai 1838 : Le Bourgeois de Gand, ou le Secrétaire du duc d'Albe, drame en 5 actes, par Hippolyte Romand (avec Alexandre Dumas).
Théâtre du Panthéon, 8 octobre 1838 : Paul Jones, drame en 5 actes. — Repris à la Porte-Saint-Martin, le 16 octobre 1841, sous le titre de Paul le Corsaire.
Renaissance, 14 janvier 1839 : Bathilde, drame en 3 actes, par Auguste Maquet (avec Alexandre Dumas et Cordellier-Delanoue).
Théâtre-Français, 2 avril 1839 : Mademoiselle de Belle- Isle, drame en 5 actes.
Renaissance, 10 avril 1839 : V Alchimiste, drame en
5 actes, en vers, (avec la collaboration de Gérard de Nerval).
Porte-Saint-Martin, 16 avril 1839 : Léo Burckart, drame en 5 actes et un prologue, par Gérard de Nerval (avec Alexandre Dumas).
Gymnase, 3 juin 1840 : Jarvis l'honnêle Iiomme, drame en 2 actes, par Charles Lafont (et Alexandre Dumas). — Repris à la Porte-Saint-Martin, le 8 janvier 1842, en 3 actes et sous ce titre : le Marchand de Londres.
Théâtre-Français, l*"" juin 1841 : Un Mariage sous Louis XV, comédie en 5 actes.
Porte-Saint-Martin, 27 novembre 1841 : Jcannic le Breton, ou le Gérant responsable, drame en 5 actes, par Eugène Bourgeois (et Alexandre Dumas).
Théâtre-Français, 24 février 1842 : Lorcnzino, drame en 5 actes.
Délassements-Comiques, 5 novembre 1842 : le Séducteur et le Mari, drame en 3 actes, par Charles Lafont. (avec Alexandre Dumas).
Variétés, 2 décembre 1842 : Halifax, comédie en 3 actes, mêlée de chants, avec un prologue (en société avec Adolphe d"Ennery).
Variétés, 9 mars 1843 : le Mariage au tambour, comédie en 3 actes, mêlée de chants, par A. de Leuven et Brunswick (avec Alexandre Dumas).
Théâtre-Français, 25 juillet 1843 : les Demoiselles de Saint-Cyr, comédie en 5 actes (avec la collaboration d'A. de Leuven et de Lhérie).
— Une polémique s'engagea au sujet de cette pièce, polémique consignée dans la brochure suivante : Le critique Jules Janin et le dramaturge Alexandre Dumas, à propos des Demoiselles de Saint-Cyr.
Odéon, 29 septembre 18i-3 : UEcolc des Princes, corné-
die en 5 actes, envers, par Louis Lefèvre (avec Alexandre Dumas).
Porte-Saint-Martin, 18 novembre 1843 : Louise Bernard, drame en 5 actes (en société avec A. de Leuven et Lhérie).
Odéon, 30 décembre 1843 : le Laird de Dunibicky, comédie en 5 actes (en société avec A. de Leuven et Lhérie).
Variétés, 15 mars 1845 : le Garde Forestier, comédie mêlée de couplets en 2 actes et en 2 époques, par A. de Leuven et Brunswick (avec Alexandre Dumas).
Variétés, 29 avril 1845 : Un Conte de fées, comédie en
3 actes, mêlée de chants, par A. de Leuven et Brunswick (avec Alexandre Dumas).
Palais-Royal, 7 juin 1845 : Sylvandire, roman' mis en
4 chapitres, par A. de Leuven et Vanderburch (avec Alexandre Dumas).
Ambigu, 27 octobre 1845 : les Mousquetaires, drame en 5 actes et 12 tableaux, précédé de VAuberge de Béthune, prologue (en société avec Auguste Maquet).
— Ce drame, parodié dans les Trois gendarmes, un acte en vers, par Gabriel Richard et Charles Monselet, représenté aux Variétés de Bordeaux le 18 avril 1846, donna lieu, en outre, à la brochure suivante : Fanfan le Bâtonniste à la représentation des Mousquetaires, parodie pot'-pourri en 30 couplets.
Théâtre-Français, l^"" avril 1846 : Une Fille du Régent, comédie en 5 actes, dont un prologue.
Odéon, 23 mai 1846 : Echec et Mat, comédie en 5 actes, par Octave Feuillet et Paul Bocage (avec Alexandre Dumas).
Théâtre-Historique, 20 février 1847 : ta Reine Margot, drame en 5 actes, 14 tableaux et un épilogue (en société avec Auguste Maquet) .
— Cette pièce, donnée pour l'inauguration du Théâtre- Historique, fut parodiée, aux Délassements-Comiques, dans Catherine 3j6, 3 actes, par Barthélémy Jarnet, Salvat et Auguste Jouhaud (6 mars 1847) ; aux Funambules, dans la Reine Margoton, ouverture historique en 6 tableaux, par *** (20 mars), et aux Folies-Dramatiques, dans la Reine Argot, 3 actes et 7 tableaux, en vers, par Lubize, Adolphe Guénée et Marc Leprévost (23 mars). La dernière de ces parodies fut seule imprimée, mais deux plaquettes s'y joignirent : Apothéose de M. A. Dumas à la suite de la 1^^ représentation de la Reine Margot, 6 couplets, par***, et Fouijou au Théâtre-Historique, représentation de la Reine Margot, pot-pourri en 14 tableaux, également anonyme.
Théâtre-Historique, 11 juin 1847 : Intrigue et Amour, drame en 5 actes et 9 tableaux, traduit de Schiller (en société avec Auguste Maquet).
Théâtre-Historique, 3 aoiit 1847 : le Chevalier de Maiscn-Rouge, drame en 5 actes et 12 tableaux (en société avec Auguste Maquet).
Théâtre-Historique, 15 décembre 1847 : Ilamlet, prince de Danemark, drame en 5 actes et 8 parties, en vers, par Alexandre Dumas et Paul Meurice.
Théâtre-Historique, 3 février 1848 : Monte-Christo, V^ soirée, drame en 5 actes et 11 tableaux (en société avec Auguste Maquet).
Théâtre-Historique, 4 février 1848 : Monte-Christo 2« soirée, drame en 5 actes et 6 tableaux (en société avec ' Auguste Maquet).
ThéàUe-liislorique, 14 octobre 1818 : Catilina, drame en 5 actes et 7 tableaux (en société avec Auguste Maquet).
Théâtre-Historique, 17 février 1849 : la Jeunesse des Mousquetaires, drame en 5 actes et 12 tableaux, avec prologue et épilogue ( en société avec Auguste Maquet).
Théâtre-Historique, 26 juillet 1849 : le Chevalier dCHarmental, drame en 5 actes et 10 tableaux, avec prologue (en société avec Auguste Maquet).
Théâtre-Historique, l^"" octobre 1849 : La Guerre des Femmes, drame en 5 actes et 10 tableaux (en société avec Auguste Maquet).
Porte-Saint-Martin, 20 octobre 18 W : le Connétable de Bourbon, ou l'Ualie au A'V/« siècle, drame en 5 actes et 12 tableaux, par Eugène Grange et Xavier de Montépin (avec Alexandre Dumas).
Théâtre-Français, 10 novembre 1849 : le Testament de César, drame en 5 actes, en vers, suivi d'un épilogue, par Jules Lacroix (avec Alexandre Dumas).
Théâtre-Historique, 22 novembre 1849 ; le Comte Hermann, drame en 5 actes (en société avec Auguste Maquet).
Gymnase, 15 décembre 1849 : le Cachemire vert, comédie en 1 acte (en société avec Eugène Nus).
Théâtre-Français, 15 janvier 1850 : Trois entf actes pour r Amour médecin, de Molière.
Théâtre-Historique, 30 mars 1850 : Urbain Grandier, drame en 5 actes et 13 tableaux, dont un prologue (en société avec Auguste Maquet) .
Gaité, 30 mars 1850 : V Auberge de Schawasbach, ou le Vingt-quatre Février, pièce en 1 acte, imitée de Z. Werner.
Théâtre-Historique, 3 août 1850 : la Chasse au chastre, fantaisie en 3 actes et 8 tableaux (en société avec Auguste Maquet).
Théâtre-Historique, 23 septembre 1850 : le Capitaine Laionquière, drame en 5 accès (version modifiée de Une Fille du Régent).
Ambigu, 1^^ avril 1851 : le Comte de Morcerf, 3« par-
tie de Monte-Chnsto, drame en 5 actes et 10 tableaux (en société avec Auguste Maquet).
Théâtre National (ancien Cirque), 21 avril 1851 : la Barrière Clichij, drame militaire en 5 actes et 14 tableaux (en société avec Auguste Maquet et Paul Meurice).
Ambigu, 8 mai 1851 : Villc^ori, 4" partie de Monte- Christo, drame en 5 actes et 10 tableaux (en société avec Auguste Maquet).
Ambigu, 20 décembre 1851 : le Vampire, drame fantastique en 5 actes et 10 tableaux (en société avec Auguste Maquet).
Porte-Saint-Martin, l^"" avril 1852 : Benvenuto Cellini, drame en 5 actes et 8 tableaux, par Paul Meurice (avec Alexandre Dumas).
Théâtre-Français, 13 janvier 1854 : Romulus, comédie en 1 acte (en société avec Octave Feuillet et Paul Bocage).
Vaudeville de Bruxelles, 20 janvier 1854 : la Jeunesse de Louis A7V, comédie en 5 actes.
Vaudeville, 22 mai 1854 : le Marbrier, drame en 3 actes (en société avec Lhérie et Paul Bocage).
Odéon, 4 novembre 1854 : la Conscience, drame en 5 actes et 6 tableaux (en collaboration avec Lockroy).
— Une parodie de cette pièce parut en feuilleton, dans VEre nouvelle théâtrale de mars 1856, sous ce titre : V Inconscience, drame humanitaire en 2 parties, par Edouard Jaloux.
Porte-Saint-Martin, 5 janvier 1856 : V Ores lie, tragédie en 3 actes, imitée de l'antique.
Cirque, 15 novembre 1856 : la Tour Saint-Jacques-la Boucherie, drame en 5 actes et 9 tableaux (en société avec Xavier de Montépin).
— Parodié aux Délassements-Comiques, le 20 décembre
1856, SOUS ce titre : la Cour Saint-Jacques-la-Boucherie, 1 acte et 3 tableaux, par G. Bondon.
Gymnase, 15 décembre 185G : le Verrou de la reine, comédie en 3 actes.
Gaîté, 2 juillet 1857 : les Compagiions de Jéhu, drame en 5 actes et 15 tableaux, par Charles Gabet (avec Alexandre Dumas).
Gymnase, 3 août 1857 : VInvitation à la valse, comédie en 1 acte (en société avec Paul Bocage).
Grand-Théùtre de Marseille, 23 mars 1858 : les Gardes Forestiers, drame en 5 actes.
Gymnase, 19 juin 1858 : l'Honneur est satisfaii, comédie en 1 acte (en société avec Wolff et Cherville).
Opéra-Comique, 4 novembre 1858 : la Bacchante, opéra-comique en 2 actes, par A. de Leuven et A. de Beauplan (avec Alexandre Dumas), musique d'Eugène Gauthier.
Opéra-Comique, 4 février 1860 : le Roman d'Elvire, opéra-comique en 3 actes (en société avec A. de Leuven), musique d"Ambroise Thomas.
Vaudeville, 4 juin 1860 : VEnvers d'une conspiration, comédie en 4 actes (en collaboration avec Lockroy).
Porte-Saint-Martin, 12 juin 1860 : le Gentilhomme de la montagne, drame en 5 actes et 8 tableaux, avec prologue (en société avec Lockroy).
Ambigu, 19 novembre 1860 : la Dame de Monsoreau, drame en 5 actes et 10 tableaux, précédé de l'Etang de Beaugé, prologue (en société avec Auguste Maquet).
Cirque, 22 mars 1861 : le Prisonnier de la Bastille, fin des Mousquetaires, drame en 5 actes et 9 tableaux.
Gaîté, 20 août 1864 : les Mohicans de Paris, drame en 5 actes et 9 tableaux, avec prologue (en société avec Paul Bocage).
Ambigu, 16 mars 1866 : Gabriel Lambert, drame en 5 actes et un prologue (en société avec Amédée de Jallais). — Cette pièce fut reprise au théâtre Beaumarchais,
le 23 septembre 1868, avec ce titre modifié : Gabriel le faussaire.
Salle Ventadour, 4 juin 18G8 : Madame de Chamblaij, drame en 5 actes.
Qiâtelet, 10 mars 1869 : les Blancs et les Bleus, drame en 5 actes et 11 tableaux.
Au total, 91 ouvrages, dont 57 drames, 3 tragédies, 1 mystère, 23 comédies, 4 vaudevilles et 3 opéras-comiques.
Ne figurent pas, dans le Théâtre complet d'Alexandre Dumas, publié en vingt-cinq volumes : la Cour du roi Pétaud, le Fils de lEmigré, la Vénitienne, la Tour de Babel, Ci^omicell et Charles i^^, le Marquis de Brunoij, Bathilde, Léo Burckart, Jarvis rhonnête homme, Jeannic le Breton, le Séducteur et le Mari, le Mariage au tambour, le Garde-Forestier, Un Conte de fées, Sylvandire. Echec et Mat, le Bourgeois de Gand, VEcole des Princes, le Capitaine La Jonquière, le Connétable de Bourbon, le Testament de César, Benvenuto Cellini, les Compagnons de Jéhu, la Bacchante. Sa collaboration à ces œuvres diverses est néanmoins établie par des documents variés, par les registres surtout de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques où Dumas émargeait, avec les auteurs connus, soit sous son nom soit sous celui du marchand de billets Porcher, avec lequel il fut toujours en compte suivi.
Les 91 pièces composant le répertoire de Dumas sont imprimées, sauf la Cour du roi Pétaud, le Fils de VEmigré, le Capitaine La Jonquière et la Bacchante. Cela n'a pas d'inconvénients pour la première qui n'est qu'une bouffonnerie collective, pour la troisième que des détails de mise en scène différencient, seuls, de la Fille du Régent, ni pour la dernière, libretto banal qui vécut trois soirées ; il n'en est pas de même pour le Fils de VEmigré, drame inégal, mais d'une audace que, malgré
ALEXANDRE DUMAS ' l^â
leur désinvolture, les auteurs de nos jours n'ont point encore dépassée. Possesseur du manuscrit de cet ouvrage, nous justifierons nos dires en l'analysant et en donnant, après quelques extraits des premiers tableaux, le texte complet de l'acte final qui déchaîna, le premier soir, la plus formidable des tempêtes.
C'est à une fantaisie de M"^ George, favorite du directeur de la Porte-Saint-Martin, que le Fils de l'Emigré dut l'existence.
— J'ai joué des princesses et des reines, dit-elle un jour à Alexandre Dumas, je voudrais jouer une femme du peuple, une mendiante.
— Nous avons Jane Shore, cela vous va-t-il? questionna l'auteur.
— Non, Jane Shore est encore une princesse, je veux une femme du peuple, je vous dis.
— Avez-vous un sujet ?
— J'ai quelqu'un qui en a un.
— Envoyez-moi votre quelqu'un.
C'était Anicet Bourgeois, avec lequel Dumas avait fait déjà Teresa et le Mari de la veuve.
« Anicet, dit le romancier dans ses Mémoires, est un travailleur consciencieux, un chercheur infatigable ; nul ne fait plus grandement sa part dans une collaboration. L'idée du Fils de VEmigré était de lui ; l'exécution — dans les trois premiers actes surtout — fut entièrement de moi. Nous fîmes ensemble les deux derniers actes. »
Cela se passait en juin 1832. Le drame achevé, Dumas dont la santé était ébranlée et qui s'était un peu compromis dans l'émeute provoquée par les obsèques du général Lamarque, partit pour la Suisse, d'où il devait rapporter la première série de ses attrayantes Impressions de voyage. A Kœnigsfelden, un numéro du Constitutionnel, trouvé dans une auberge, lui fit connaître le résultat de la représentation du Fils de VEmigré, joué le 28 août ; c'était une chute complète et son nom,
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qu'il avait prétendu ne point livrer à la publicité, s'étalait en plein journal avec les épithètes les plus désobligeantes.
Voyons, d'après le manuscrit, si la sévérité du public et de la presse ne fut pas, alors, excessive.