‹ Alexandre Dumas et Marie DuplessisChapitre 155 sur 188 · Claude Vinto, Les Peintres de la femme (Dentu · texte numérisé non relu

Claude Vinto, Les Peintres de la femme (Dentu

aurait-elle dit à Romain Vienne, qui, en effet, sans le nommer, le malmène rudement dans son livre. De fait, à partir du mois de mai précédent, le D^ Davaine était devenu son consultant habituel. Il la soignait avec un dévouement dont elle lui témoigna sa reconnaissance en lui offrant, quelque temps avant de mourir, ce ravissant portrait d'elle en miniature qui est à la Comédie-Française. Toutes les notes d'honoraires sont dans le dossier Charavay. Celle du D^ Davaine porte trois visites en septembre, trente-sept en octobre, quarantequatre en novembre, trente-cinq en décembre, trente-neuf en janvier, et huit en février. Si on ajoute onze pansements, quatre consultations avec M. Chomel et trois avec M, Louis, le total des honoraires qui furent payés s'élève à mille vingt-cinq francs pour cent quatre-vingtquatre visites.

Les ordonnances, celles qui résultèrent des consultations communes des D'" Davaine et Chomel, les 9, 13 et 19 novembre, sont encartées dans l'exemplaire que M. Pasteur a offert à la Biliothèque du Théâtre-Français. Elles tiennent en quelques prescriptions d'hygiène : boissons rafraîchissantes, lait d'ânesse, potions calmantes, régime de viandes grillées, de poissons légers, d'œufs, de légumes « au bouillon de pain très levé et rassis ». On conseille de ne sortir que par une température clémente, de parler peu et de coucher sur le

MAIUH DUPLKSSIS 3'21

crin. Une autre fois, on prescrit le « sirop de karabé » contre une recrudescence de la toux, ou des « fumigations d'infusion de fleurs de coquelicot », concurremment avec des « frictions au creux de l'aisselle », et des « lavements à la quinine ». On devine l'inefficacité de ce traitement. En désespoir de cause, — c'est M. Jules Claretie qui le raconte, car, assuret-il, « le roman ne nous a pas dit tout le romanesque de la fin de Marie, ~ comme il fallait à ses poumons l'acre et sain parfum de l'étable, on avait meublé pour la mourante, près de la barrière Fontainebleau, à deux pas de l'endroit où tomba le général Bréa, un boudoir charmant dont le plancher, criblé de trous, donnait sur une litière où couchaient les vaches d'un laitier-nourrisseur. En bas, l'étable, en haut les tapisseries, les rideaux de soie, les chinoiseries et les bronzes ^ ».

Quant aux créanciers, ils n'étaient pas tous aussi conciliants que celui dont Henri Lumière eut à représenter les intérêts. Ayant à assurer le recouvrement d'un mémoire de travaux de serrurerie, le jeune avocat reçut, en réponse

Page 1