Rei'iie normande, op. cit
bat l'amante infortunée cV Armand Duçal. Sa relation est en tous points conforme au récit de Dumas. Marie Duplessis, comme Marguerite Gautier, est poursuivie, jusqu'aux instants de l'agonie, par une cohorte d'huissiers. Mais, tandis que Vienne les désintéresse une première fois avec la bourse du comte Gaston de Morenas, Dumas a recours à la générosité du comte G...
Grimm, dans une de ses Lettres Parisiennes, fait intervenir, comme deus ex macJiina, un tout jeune homme, « vingt fois millionnaire )), qui apitoie sa mère sur cette infortune et obtient d'elle qu'elle réponde de la dette et congédiant le gardien, assure ainsi à la mourante la tranquillité des instants suprêmes. A une seconde visite des officiers ministériels, le romancier et le biographe se déclarent désarmés et laissent la main des recors s'abattre sur les dépouilles de la moribonde. Et ce jour-là, on saisit jusqu'aux rideaux de son lit.
Ce n'est pas Dumas père qui eût renoncé au pathétique d'une telle situation. — « Pauvre fille ! écrit-il dans son feuilleton du Mousquetaire, morte tristement, misérablement, comme meurent ces malheureuses créatures ! Tout était saisi chez elle, excepté le lit d'agonie. C'est une belle chose que la loi, qui réserve la couchette et les matelas, sans quoi elle serait morte sur le parquet. On avait déjà enlevé les tapis... y*
Un article de Théophile Gautier où la sympathie n'excluait pas un plus grand souci de la vérité, détruisit cette légende. « Dans ce qui s'est dit et s'est écrit déjà sur ce sujet, affirmait-il, il s'est glissé quelques inexactitudes. Ainsi, les créanciers de Marie Duplessis n'ont pas troublé ses heures dernières par une saisie. »
Le Catalogue de sa vente en est la meilleure preuve. Ce n'est pas à dire qu'elle ignora la gêne et l'abandon. Car de tous les hommes qui l'avaient aimée, deux seulement se firent scrupule de déserter son chevet : — le comte de Stackelberg et le vicomte Perrégaux qui fut seul désigné par V Entr acte sous l'initiale de comte P...
En efïet Edouard Perrégaux était encore à Paris. Après avoir renoncé, aux fins de mariage, à donner suite à sa seconde demande de réintégration dans l'armée, il s'était bien vite repenti de sa décision. En se prolongeant, son oisiveté le rendait plus sensible aux souffrances de son cœur, dont tant d'occasions de rencontre dans un milieu qui lui était commun avec sa femme, ravivaient la blessure. Si bien, que vers l'été, il avait, sinon, ce qu'il n'eût osé, réitéré sa demande, mais fait ouvrir, par la démarche d'un ami auprès du ministre, une nouvelle instance en sa faveur.
Et de fait, au 30 juillet, le Cabinet saisissait la Ire Division militaire. Dans sa réponse du
14 août suivant, celle-ci dégageait sa responsabilité de tout retard dans la réintégration de Perrégaux qui, après s'être dérobé à la déclaration conforme à l'ordonnance de 1838, venait de disparaître du domicile indiqué par lui.
« Il semble donc, concluait le maréchal de camp, que cet officier n'a pas grand désir de rentrer au service. »
Cependant, à quelques jours de là, le 1®^ septembre, Edouard Perrégaux, sortant de son irrésolution, signait enfin la déclaration cidessous :
« Monsieur le Ministre,
J'ai l'honneur de vous adresser ici l'engagement que je prends de me conformer aux articles 195, 196 et 197 de l'Ordonnance du roi du 16 mars 1838, concernant les officiers qui demandent du service dans la Légion étrangère, et dont j'ai pris connaissance. »
Le plus singulier, c'est que l'affaire, bien que patronnée par le comte de Sparre, fut classée ^. Il y fallait une raison majeure. Bien certainement Perrégaux se chargea-t-il delà fournir lui-même, car dans le temps qu'il signait son engagement, Marie Duplessis revenait à Paris pour y traîner ce qui lui restait de semaines à vivre.
Hélas ! s'il lui fit, en demeurant, le sacrifice