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décor d'élégances funèbres. Il étendit la longue chevelure de chaque côté du corps, et coupa (juolquos mèches au-dessus du front. ^
Charles Chaplin, appelé au chevet de la morte, aurait-il fixé les traits de la belle courtisane « sous l'aspect de l'éternité »? — Le Catalogue de la çente de cet artiste mentionne parmi ses œuvres, sous le n° 60, une sanguine ainsi désignée : « La mort de la Dame aux Camélias. » Ce dessin qui, croyons-nous, n'a jamais été reproduit et dont nous n'avons pas retrouvé la trace, aurait-il le caractère d'un portrait fidèle crayonné à la lueur des deux cierges funèbres? Ou ne se référerait-il pas plutôt à quelque projet d'illustration pour le roman?
Jules Janin qui témoigna une si tendre indulgence pour les faiblesses de cette pécheresse lui fait encore mérite d'avoir eu « le bon goût de vouloir être enterrée à la pointe du jour, à quelque place cachée et solitaire ». En réalité, le service religieux eut lieu à la Madeleine, dans la matinée du 5 février. D'après Romain Vienne, c'est « une foule recueillie » qui suivit le char « couvert d'une quantité de blanches couronnes ». Mais, dans cette foule, nous apprend Dumas, les amis d'autrefois étaient ré-
duits à deux, comme dans le roman aux funérailles de Marguerite. A ces deux, il leur rendit cet hommage :
Eh bien ! soyez bénis, vous deux qui, tête nue, Méprisant les conseils de ce monde insolent, Avez, jusques au bout, de la femme connue, En vous donj:iant la main, mené le convoi blanc !
Vous qui l'avez aimée et qui l'avez suivie.
Qui n'êtes pas de ceux qui, duc, marquis ou lord.
Se faisant un orgueil d'entretenir sa vie,
N'ont pas compris l'honneur d'accompagner sa mort !
Ce sont les strophes finales de la pièce intitulée « M. D. » des Péchés de Jeunesse. Elle fut dédiée à Théophile Gautier, certainement par gratitude pour la chronique qu'il avait consacrée à cette jeune femme au lendemain de sa disparition.
Edouard Perrégaux fut évidemment l'un des deux amis dont parle Dumas. Il y a làdessus, concordance des témoignages. Le second ne fut-il pas le comte de Stackelberg, puisque aussi bien, ayant posé pour le vieux Duc dans le roman, on l'y voit assister aux obsèques de Marguerite.^ Pourtant Romain Vienne y dénie expressément sa présence. Il n'est pas davantage désigné par Montjoyeux dans l'article où celui-ci conte quelques souvenirs sur la belle défunte. Ce n'est plus deux, mais cinq amis, dont Montjoyeux lui-même,