‹ Alexandre Dumas et Marie DuplessisChapitre 84 sur 188 · LeJSIoiisquetaire, op. cit · texte numérisé non relu

LeJSIoiisquetaire, op. cit

de dentelles, mouchoirs à la Duchesse, à la Montpensier ou à l'Infante, la dépense est à l'avenant. Les relevés des comptes de ses lingères, de ses modistes et de ses couturières justifient bien l'observation de Janin que « la parure de sa beauté était, à tout prendre, sa plus constante et chère occupation ». Elle avait poussé si loin, insiste-t-il « l'adoration du soi-même », que « rien ne saurait se comparer à ses habits, à son linge, aux plus petits détails de son service ».

Son linge de corps est, assurément, l'objet d'une de ses plus grandes recherches. Le dernier voile dont se couvre l'icône sacrée n'est jamais d'un lin trop précieux. C'est Chapron qui le lui fournit. Il lui établit ses chemises de batiste ou de foulard, « en toute conscience », d'après les termes d'une de ses lettres, à un prix variant entre cent-vingt et cent-soixante francs la pièce, suivant le modèle. « Et encore, répond-il à sa belle cliente qui marchande, il n'y trouve aucun bénéfice. » Il lui en livre trois douzaines à la fois le 8 mars 1845.

Frileuse à ce point que Janin pouvait écrire « qu'elle passait dans ses fourrures, même l'été, comme un fantôme ^ », elle avait ac-

1. A. Dumas avait également noté dans son roman cette particularité :

« Quoiqu'on fût déjà en avril, elle était encore vêtue comme en hiver et toute couverte de velours. » (La Dame aux Camélias, 1« éd.).

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coutume de porter le caleçon, à l'instar des « Honnestes dames » de Brantôme, et des « Contemporaines » de Restif ^.

Quant à ses robes, le dénombrement en serait long, à ne s'en rapporter qu'aux seules quittances qui ont survécu, comme garants de ce luxe. Les relevés de ses couturières. sont des mémoires de trois et quatre pages où presque quotidiennement est venu s'inscrire un caprice nouveau. Car sa fantaisie a l'instabilité des créations de la mode.

Robes du matin, robes de ville, toilettes de soirées, toilettes de bals dans toutes les gammes chantantes des taffetas glacés, des gros de Naples, des popelines, des mousselines, des brocarts et des moires, des soies couleur « cheveux de la reine », des satins à passementerie ou à dentelle noire, des velours grenat, vert ou bleu ardoise garnis de fourrures, des Damas moelleux et épais, des Pékins de Gagelin, à fonds gris argent ou bleu tendre ; manteaux à la Pompadour et à la Marie Stuart ; burnous à la frileuse ; corsages à la grecque, à mille plis, baleiné comme du temps des Fontange et des Cavallieri, à buse, à agrafe, à lacet lâche, à nœuds de ruban, à parfait contentement, à la Coblentz, à pointe par-devant et décolleté à la manière du xviii^ siècle ; manches à la religieuse, à la Louis XIÏI, à l'Amadis, à la tur-

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