La Dame aux Camélias
et la faisait chanceler », observe également Alfred Asseline qui la connut bien. Et c'est pour lui ménager la paix de son grand sommeil, que la pitié de ses amis « l'ensevelit au milieu des fleurs de sa dernière fête, au milieu des camélias sans parfum ^ )).
Il est, en tout cas, digne de remarque que ses factures de parfumerie qui font partie d'un lot que nous avons acquis ne mentionnent nul achat de flacons d'essences. Elle n'utilisait guère qu'une eau de toilette, V Eau du harem que lui vendait Geslin dont la boutique était au boulevard des Italiens.
Par contre, Marie Duplessis ne répugnait pas au maquillage et faisait un usage immodéré de cold-cream jusqu'à une dizaine de pots en deux mois.
Elle était encore plus prodigue de gants. A chaque jour sa paire. — Voici, entre autres, une facture de ce même Geslin qui mentionne six paires de gants paille, le 23 décembre 1843, six paires le 14 janvier suivant, et douze paires le 3 février d'après. Il est vrai qu'au prix de trente-trois francs la douzaine, la folie n'était pas grande. Bonnets de nuit, bonnets du matin, en Valenciennes ou en Malines, gazes, tulles mousselines, jupons de la plus fine batiste, fichus brisés à petits collets, corsages de lingerie enrichis de broderies ou