‹ Alexandre Falguière, sculpteur et peintreChapitre 8 sur 38 · DIANE · texte numérisé non relu

DIANE

M. Henri Havard estime que VÈve est le morceau capital du Salon. « Le corps est souple, la pose est gracieuse, l’exécution irréprochable! »

M. Armand Silvestre la proclame un des plus beaux morceaux de nu que la sculpture ait produit depuis vingt ans. « Debout, et une main levée vers le rameau auquel pend la pomme fatale, la commune mère des races

tice : « Le maître sculpteur, habitué aux sévérités du marbre, a voulu se distraire en tentant une incursion au pays de l’horrible ; il en a rapporté un superbe morceau de peinture. »

Mme Judith Gautier, en 1884, traite la Nymphe chasseresse de « petite sauvage à la tête mutine de soubrette de comédie », type qui hante l’esprit du sculpteur et qui « tire

Acis et Galatêe (peinture).

semble entendre de lointaines et charmeresses harmonies et goûter je ne sais quel enivrement. »

Il faudrait citer encore! Toujours le nom de l’éminent artiste revient sous la plume des critiques les plus autorisés. Mais nous n’avons pas le loisir de nous attarder, et il faut sauter d’un Salon au suivant, en prenant quelques lignes par-ci par-là.

Le Sphinx , tableau de 1881, est fort discuté. On lui reproche de n’être pas assez affirmatif. M. Jules Comte, toutefois, lui rend cette jus-

son principal attrait de la maestria avec laquelle il l’interprète. » Du reste, Mme Gautier ne dissimule pas son admiration pour ce modèle exquis, pour l’étonnante torsion du dos et des reins, pour « un élan superbe dans cette course rapide où la figure, dont le bout du pied seul pose, garde si bien son aplomb et une harmonie de lignes incomparable que l’on peut interroger de tous côtés. »

Feu Albert Wolff saluait l’auteur de la Nymphe chasseresse comme le chef incontesté de l’école de sculpture toulousaine, et comme

Comlat de Bacchantes.

l’un des maîtres les plus glorieux de notre statuaire.

En 1887, M. Paul Mantz constate, avec infiniment d’esprit, que la Nymphe a eu de l’avancement, puisqu’elle est devenue une Diane... « Il y a eu, dit-il, une promotion dans le Panthéon mythologique ». L’excellent critique du Temps reconnaît, d’ailleurs sérieusement, les qualités de premier ordre de ce marbre : « La nature a été consultée de très près, ajoute-t-il, et elle a fourni quelques accents attendris qui précisent le mouvement et soulignent la morbidesse des tissus et de l’épiderme. Certaines parties du corps, le dos particulièrement, sont admirablement modelées. Il est possible que la Diane de M. Falguière ne vienne pas directement du ciel et qu’elle puisse être discutée par les académiciens de l’ancien régime ; mais

elle est originale et fière, et l’on sent bien en elle le souffle de la vie moderne... »

En 1890, même succès pour la Femme au paon.

Armand Silvestre écrit alors :

« Jamais Falguière n’a été plus admirable que dans cette Femme au paon, dont la nudité justement orgueilleuse s’appuie au plus orgueilleux des oiseaux ; un même rayon de fierté et de triomphe les enveloppe l’un et l’autre, elle souriant du sourire cruel de la beauté sûre d’elle-même, lui stupide dans sa propre admiration. Personne n’a peint, en sculpture, comme Falguière. Il est le maître cqloriste, le ciseau ou le pinceau à la main également. Jamais un tempérament épris des belles chairs féminines ne s’est affirmé dans une unité aussi puissante. Il fait sa vision tangible, il incarne son rêve toujours pareil. Il vous fait vivre avec lui sa passion et vous l’impose. Je

Combat de Bacchantes.

n’ai jamais admiré davantage son art si vivant, si vibrant, si noblement sensuel que devant cette belle statue. »

Charles Frémine s’écrie : « Il tutoie les déesses !... C’est le passionné de la chair, le lyrique des sens ! »

En 1891, la nouvelle Diane de M. Falguière est déclarée la plus belle, la plus complète que ce maître ait signée. « Il y a là, dit M. Paul Mantz, un superbe travail de marbre et un modelé robuste et tendre. » Telle est, du reste, l’opinion unanime de nos confrères.

En 1893, M. Ayraud-Degeorge, dans V Intransigeant, définit la Poésie héroïque : « Un marbre de haute et fière allure. » M. de Fourcaud, du Gaulois , y voit un ouvrage d’une élégance très choisie, d’un exquis travail de marbre, encore que d’un caractère de « nudité mondaine ». « La Poésie héroïque de M. Falguière, dit M. Philippe Gille, est sœur cadette de la Marseillaise et chanterait aussi bien dans les grands combats que dans les guerres des faubourgs. »

FIRMIA JAVEL.

Croquis pour le tableau de F abatage d'un Boeuj.

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