‹ Alexandre Falguière, sculpteur et peintreChapitre 7 sur 38 · CROQUIS POUR LA STATUE DE LAMARTINE A MACON · texte numérisé non relu

CROQUIS POUR LA STATUE DE LAMARTINE A MACON

Saint Vincent de Paul (au Panthéon).

ratives du bassin du Trocadéro : l’Asie, due à Falguière, était fort remarquée; en 1879, Saint Vincent de Paul, statue commandée pour le Panthéon; en 1880, Eve , statue, et buste de Mme la baronne de Daumesnil, surintendante honoraire de la maison de la Légion d’honneur; en 1881, deux bustes en marbre; en 1882, Diane; en 1883, l 'Asie, marbre; la même année, grand succès pour le statuaire à l’Exposition nationale, où il avait réuni ses statues de Pierre Corneille, de saint Vincent de Paul, de Diane, les bustes de Léonide Leblanc, du cardinal de Bonnechose, et son tableau Éventail et Poignard ; en 1884, la Nymphe chasseresse ; en 1885, la même statue, en bronze ; en 1886, les Bacchantes et le buste, en marbre, de M. Coqttelin cadet ; en J 887,

Diane (marbre) et un groupe en plâtre : A la porte de l’école ; 1888, Nymphe chasseresse (variante, en marbre, de la célèbre statue) ; en 1889, la Musique, statue, marbre, et Portrait de Mlle H..., buste, marbre ; en 1890, la Femme au paon, statue, marbre, et Mlle H ., statue, marbre; en 1891, Diane, statue, marbre, et M. P. D., buste, marbre; en 1893, Poésie héroïque , statue, marbre, et Jean Bertheroy, buste, marbre; en 1894, Mme M. S., buste, marbre.

Comme peintre, M. Falguière a débuté au Salon de 1873 avec une toile peu remarquée, intitulée Près du château. Mais il força l’attention et l’admiration, l’année suivante, avec ses Lutteurs. Une deuxième médaille fut décernée à ce beau groupe (que nous reproduisons) ; puis vinrent : en 1876, Caïn et Abel ; en 1887, la Décollation de saint Jean-Baptiste ; en 1879, Suzanne; en 1881, l 'Abatage d’un taureau ; en 1882, Éventail et Poignard (musée du Luxembourg); en 1883, le Sphinx et Portrait de Mme C. ; en 1884, Hylas et P Offrande à Diane ; en 1885, Acis et Galatée; en 1886, Y Aïeule et T Enfant ; en 1887, Madeleine ; en 1888, les Nains mendiants ; en 1889, Junon ; en 1892, Une Servante.

En 1879, 011 inaugurait à Rouen la fontaine monumentale de Sainte-Marie, dont le statuaire avait obtenu la commande à la suite d’un concours, *et qui personnifiait la ville de Rouen entourée des génies du Commerce, de l’Industrie, des Sciences et des Lettres.

En 1883, à Cahors, inauguration du monument à Gambetta.

De 1881 à 1885 figura, au sommet de l’Arc de Triomphe, un groupe en plâtre symbolisant le triomphe de la Révolution. Le projet, après cette épreuve, fut abandonné. Sur un char trainé par quatre chevaux fougueux que maintenaient la Justice et la Liberté, la République était assise, tenant d’une main ferme le drapeau de la France. L’anarchie et le despotisme étaient évoqués par deux figures hideuses, gisantes sur le sol et que le char allait écraser.

Deux épisodes animaient la face postérieure du groupe : le Départ pour le combat, un ouvrier armé et s’arrachant aux embrassements de sa famille ; et la Lutte : un soldat blessé, soutenu par un de ses frères d’armes. L’œuvre avait grande allure et l’on ne peut que regretter qu’un si puissant effort soit demeuré sans résultat.

Mais Falguière ne s’est-il pas prodigué constamment, sans se préoccuper de ce que le succès pouvait avoir d’éphémère? Les Parisiens de 1870 ont certainement gardé le souvenir de sa colossale statue de neige (oui, de neige !), une figure allégorique de la Défense, taillée à coups de sabre par ce soldat citoyen (car l’artiste, aux premiers bruits de guerre, s’était enrôlé dans la garde nationale où il fit bravement son devoir).

La statue, naturellement, s’en alla où vont les neiges d’antan, mais, à notre prière et par un prodige de mémoire que facilitaient, du reste, la belle description de Théophile Gautier et les lyriques strophes de Théodore de Banville, le maître a bien voulu nous rendre l’aspect de cette figure dans une esqüisse dont la présente reproduction sera, pour tous les curieux d’ai't, une bonne fortune !

Il faut citer encore, parmi les travaux importants de Falguière, la statue de Dom Calmet , pour l’église de Senones ; celle de Sainte Germaine, sur la place Saint-Georges, à Toulouse ; celle de l 'Élégie, qui décore la façade de l’Opéra ; un groupe destiné à l’ornementation d’une fontaine, acquis par M. Laurent- Richard ; V Abbé de La Salle , groupe qui s’érige sur une place de Rouen.

Telle est à peu près l’œuvre de ce maître, encore avons-nous oublié plus d’un monument, comme celui d’Annecy, et n’avons-nous pu rappeler plusieurs travaux du plus vif intérêt.

De ce nombre est le Portrait de Victor Hugo sur son lit de mort , saisissante image tracée en une heure de profonde émotion ; n’y a-t-il pas, d’autre part, dans l’eau-forte inti-

tulée Souvenir de Grenade , comme un éclair du génie de Goya?

Mais nous avons hâte d'interroger nos confrères, nos maîtres de la presse artistique, au sujet de cet œuvre même.

C’est ce que nous ferons sans autre préambule.

Philippe de Burty considérait VÈve, au Salon de 1880, c’est-à-dire la statue de marbre, comme une sorte d’improvisation éclose sous le ciseau, attendu que le plâtre de la même figure n’avait pu fournir au praticien que de sommaires indications. Il résumait ainsi son admiration pour les délicatesses du modelé, la souplesse des attaches, et pour la « palpitation de l’épiderme » :

« Quel acquis, qu’elle intelligente et patiente étude de l’être humain et des maîtres pour arriver à ce charme dans le travail ! »

Maquette de la statue de la Musique.

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