CXVIII JOURNAL DE LENOIR
dépouilles du dépôt des Petits-Augustins. Le Louvre les disputa à l'Hôtel de ville et s'en para comme d'un trophée *■ ; la galerie d'Angouléme se prépara à les recevoir. C'est au même sentiment qu'obéirent, à vingt ans de distance, des administrateurs d'opinions si diverses, en concluant d'une façon diamétralement opposée. De l'art, fut-il jamais question ?
l. Extrait d'une lettre du Ministre de l'Intérieur au Directeur des Musées royaux : « Paris, lé 5 avril 1817. Monsieur le comte, par une lettre du 27 mars dernier, vous aviez réclamé pour la salle de la sculpture française, au Musée royal, cinq objets du dépôt des Petits-iAugustins, savoir : 1» N» 111. Un groupe en marbre représentant les Trois Grâces, par Germain Pilon. — 2° N<» 112. Une colonne en marbre de Gampan rouge, élevée à la mémoire du cardinal de Bourbon. — 3° 113. Une statue de Henri IV, par Francheville. — 4° N° 467. Un groupe représentant Diane de Poitiers, sous la figure de Diane, par Jean Goujon. — 5» N" 474. Le monument du pont au Change, représentant Louis XIII, Anne d'Autriche et Louis XIV, par Guillain, etc., etc. — Laine. »
Autre lettre du Ministre de l'Intérieur : « Paris, le 6 juillet 1818. — Monsieur, j'ai reçu, avec votre lettre du 23 juin, une liste d'objets d'art du dépôt des Petits-Augustins qui vous ont paru assez intéressants pour être réunis au Musée du Louvre, à ceux qui y ont été précédemment transportés, et qui proviennent du même dépôt. J'ai fait vérifier si tous ces nouveaux objets étaient disponibles; quelques-uns ont été accordés àM. le Préfet de la Seine, pour les églises de Paris ; un autre appartient à la commune de Magny, qui l'a réclamé. Un bas-relief, le Jugement de Suzanne, est destiné au Musée du Louvre depuis longtemps. Un monument de Louis XIII devait être transporté à Saint-Denis; l'on a renoncé à ce projet. Je le laisse à votre disposition. Au reste, je vous transmets copie de votre état où j'ai fait ajouter des notes indiquant la situation des choses. Vous pouvez disposer de tout ce qui est marqué sans destination. — Quant aux nymphes de la fontaine des Innocents qui existent dans les ateliers de la fonderie du Roule et aux fragments de l'ancienne statue de Henri IV, qui sont dans les caves de l'Hôtel de ville, je vais écrire à M. le Préfet de la Seiue pour avoir un rapport. J'ai l'honneur de vous offrir. Monsieur, l'assurance de ma considération. Le Ministre secrétaire d'État de l'Intérieur. — Laine. »
Au bas d'une Note additionnelle des monuments des Petits-Augustins qui ont été marqués poîir que la demande en soit faite par l'administration du Musée royal, afin de les réunir à ceux qui ont déjà été déposés dans les magasins provisoires au Louvre, pavillon de Beauvais, si toutefois l'autorisation est accordée, on lit : « Nota. Il serait bon de réunir également à ces monuments, les trois nymphes de J. Goujon, en pierre, provenant de la fontaine des Innocents, qui existent dans les ateliers de la fonderie au Roule, ainsi que les fragments de l'ancienne statue en bronze d'Henri IV, qui existent dans les caves de l'Hôtel de ville. — Ceci doit être l'objet d'une demande au préfet. »