INTRODUCTION. CXXIII
VOUS avez si justement proscrites, dans la visite de Dupasquier et toi, et dont vous aurez vraisembiablenaent fait mention dans votre rapport. Gomme l'administration des poudres et armes nous demande à force du plomb et que nous allons en fondre, ces mêmes figures, ainsi que les mauvais grouppes d'enfans et les vases, pourroient subir le même sort, ou bien nous les enverrions à Paris telles qu'elles sont. Je te prie de te ressouvenir de moy auprès de David, si tu en trouves l'occasion, etc. — Salut. »
Une voix, dans la séance du Conservatoire du 19 germinal an II, avait osé se faire entendre pour proclamer l'importance et la valeur des œuvres d'art de Marly. Mais il ne fut pas difficile à la majorité de l'intimider et de l'étouffer.
0 Un membre demande que les citoyens Dupasquier et Lesueur, en faisant leur rapport au Comité d'instruction publique sur les objets vus par eux à Meudon et Marly, de (sic) leur exprimer 'que ces objets sont dignes du Muséum. On demande l'ordre du jour qui est adopté et la question remise à une autre séance. »
L'opinion des commissaires chargés d'aller inspecter Marly était donc connue et leur décision ratifiée d'avance K
Heureusement que, derrière ces stupides et fanatiques agents, venait le modeste Lenoir ^, qui rachetait en son propre et privé nom quelques-unes de victimes de la « proscription )) des tout-puissants arbitres du Louvre. Le bronze et le plomb étaient déjà fondus quand il arrivait, mais les marbres n'étaient pas toujours cassés : car il faut du temps et des bras pour détruire ; et l'armée de statues qui couvrait la France lassait quelquefois la vigueur et la bonne volonté
1. « Le H brumaire an IV, deux des membres du nouveau Conservatoire retournèrent à IMarly. Un grand nombre de dégâts avaient été déjà commis. Ils marquèrent quelques nouvelles pièces pour le Musée, mais en abandonnèrent encore un grand nombre. » (Séance du Conservatoire de ce jour.)