‹ Alexandre Lenoir (volume 2)Chapitre 129 sur 252 · INTRODUCTION. CXLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. CXLV

« Le premier indique les heures, minutes et secondes du tems moyen, le tems vrai et le quantième.

« Le second présente le mouvement journalier apparent du soleil, sur un cercle de vingt-quatre heures subdivisé en degrés. Douze petits cadrans rangés autour de la Mappemonde, qui occupe le centre, montrent l'heure que Ton compte à chaque pays auxquels ils répondent : les minutes sont commencées à chaque cercle horaire.

« Le troisième est destiné pour la lune et pour les éclipses ; le mouvement de la lune y est périodique, synodique et journalier; on y voit les phases, les latitudes, le lieu des nœuds, etc. Les éclipses sont indiquées par la quantité d'ombre qui passe sous les disques du soleil ou de la lune, au moment de la conjonction ou de l'opposition.

« Le quatrième cadran indique les jours de la semaine.-

« La sphère mouvante, placée au-dessus de la pendule, présente le mouvement périodique moyen de toutes les planètes, y compris la planète d'Herschel ; toutes ces révolutions se font avec la précision astronomique. »

Et plus loin, page 119 :

(t N"* 119 ^ Pendule astronomique par Robin.

La forme de cette pendule présente un monument élevé par les Arts à l'Horlogerie.

Les effets de cette pendule sont :

1* De donner l'heure par les effets du soleil sur la méridienne;

2° La manière de donner le tems vrai par une suspension ingénieuse ;

3» Un quantième perpétuel par une division de trente-etun, indiquant les mois de 30 jours, ceux de 31 et même l'année bissextile;

4° Un échappement qui a la propriété d'anéantir les frotements et de renouveller l'huile sur les places d'impulsion à chaque vibration;

5° Un remontoir simple et parfaitement assuré. Cet effet réduit le mouvement qui mesure le tems à la plus simple expression et donne une force motrice très-constante. »

Ne se croirait-on pas transporté dans les galeries du

1. Je passe le no 118; c'était déjà une pendule du même horloger.

CXLVl JOURNAL DE LENOIR.

Conservatoire des arts et métiers ou dans celles de l'Observatoire ?

J'avoue avoir longtemps pensé — le lecteur partage trèsprobablement et pardonnera mon erreur — que la présence en pareil lieu de ces objets de mécanique amusante était le résultat d'un accident, d'une exception, d'une tolérance. Mes recherches ne m'ont pas laissé cette illusion. Ces machines furent achetées comme objets d'art. Une certaine pendule a départementale » du citoyen Janvier a donné lieu, entre le ministre de l'Intérieur et les administrateurs du Muséum, à une volumineuse correspondance qui a été conservée. C'est fort heureux, car on n'aurait jamais pu supposer qu'à ce terrible moment il soit resté dans des cerveaux intelligents assez de sang-froid pour s'occuper de semblables acquisitions et de leurs plus minutieux détails. On ne saurait imaginer ce qu'il a fallu de volonté et de parti pris pour faire entrer dans les collections nationales ces ridicules joujoux mécaniques.

En janvier 1794, le ministre Paré demande aux commissaires du Muséum leur avis sur la pendule du citoyen Antide Janvier. Le géomètre Bossut, égaré, on ne sait comment, parmi les organisateurs du Musée central de la République, répond, le 24 nivôse an II (13 janvier 1794), la lettre suivante :

«Citoyen ministre, nous avons examiné, conformément à ta lettre du 15 nivôse, la pendule départementale du citoyen Janvier. C'est un régulateur qui donne pour chaque instant l'heure et la minute dans chaque chef-lieu des départements de la France suivant l'ancien système de la division du tems. Le cadran est une projection géographique de la France. L'échelle des longitudes est mobile de droite à gauche par le bas, elle est divisée en minutes de tems qui correspondent successivement à tous les méridiens de la République. Son mouvement est réglé sur le tems vrai, par le moyen d'une suspension qui fait varier la longueur du pendule. Le pendule est

Page 1