CXLIV JOURNAL DE LENOIR
Voyons maintenant ce qu'appréciaient les hommes de goût pour qui Saint-Denis ne renfermait aucun ouvrage digne du Muséum, les prétendus artistes qui repoussaient du pied les dernières survivantes de cet escadron de statues royales, Torgueil des places publiques du vieux Paris et l'honneur de notre école de sculpture, qui, dans un reliquaire gothique, ne voulaient considérer que les pierres rares dont il était décoré. Leur dédain procédait-il uniquement d'une passion exclusive pour-l'art antique, d'un aveuglement intellectuel respectable comme une une conviction? Non. Leur cœur était ouvert à d'autres tendresses qu'à l'amour de l'antiquité. Ce cœur n'était insensible qu'aux témoignages de notre art national et aux œuvres de la sculpture française. Ces arbitres souverains étaient pour tout le reste, parfaitement éclectiques. Le Muséum sacrosaint de la nation, qui ne s'ouvrait qu'aux a objets du premier mérite choisis, par le Conservatoire, » ne méprisait pas les produits de la mécanique amusante, les pipes turques ou indiennes, les chaises percées, pourvu qu'elles fussent japonaises.
Étant données les doctrines sévères affichées par les organisateurs révolutionnaires de nos collections nationales, on est surpris, lorsqu'on lit le Catalogue des objets contenus dans la galerie du Muséum français décrété par la Convention nationale le 27 juillet 1793 *, d'y trouver, page 108, cette description :
« N» 28. Pendule planétaire par le citoyen Janvier : « Celte machine intéressante présente quatre faces qui portent chacune un cadran :
1. Paris, ia-8. C'est le premier catalogue du Musée du Louvre.