INTRODUCTION. XIX
orgie qui dura du 10 août 1792 jusqu'au 14 fructidor an 11 (31 août 1794) et au premier rapport de Grégoire sur le vandalisme, il ne peut pas y avoir de doute. Le gouvernement révolutionnaire ne fut pas seulement le complice, mais très-souvent encore l'instigateur des plus sauvages destructions. La malheureuse suppression des armoiries , ordonnée dès 1790, avait donné le signal, et devint, sous la Terreur, le prétexte légal d'innombrables mutilations *. Qu'on ne nous vante plus tant l'action conservatrice de la Commission des monuments et de la Commission temporaire des arts. Si leur influence fut longtemps efficace et bienfaisante, elle se trouva singulièrement paralysée pendant près d'un an. Que pouvait la bonne volonté nonchalante de la première, que pouvait le zèle de la seconde quand l'assemblée souveraine édictait des décrets comme celui-ci : (( La Convention nationale, après avoir entendu le rapport du Comité de salut public, décrète : les tombeaux et mausolées des ci-devant rois, élevés dans l'église de Saint-Denis^ dans les temples et autres lieux, dans toute l'étendue de la République, seront détruits le 10 août prochain ^ » ? quand un ministre de la guerre, Bouchotte, écrivait sous forme d'instructions à ses agents : « L'intention de nos législateurs, en ordonnant le renversement des tombeaux de nos anciens tyrans, a été de détruire toute superstition aristocratique. Yotre patriotisme vous fera un devoir d'en user de même à l'égard des monuments de cette espèce dans votre département, et je me repose sur votre vigilance pour la prompte exécution de ces mesures )) ? quand on se faisait, dans des adresses , une gloire auprès de la Convention de lui envoyer, des quatre coins du territoire, l'or des châsses réduit en lingots et les procès-verbaux des destructions
1. Nodce succincte de 1793, réimpriinje avec des notes de Leiioir, u'So. — Journal de Lenolr, passim.