INTRODUCTION. XX
nalyse, indispensable à la rédaction de catalogues scientifiques et entrepris par nous dans les limites de nos attributions, ne pourrait, même partiellement, trouver ici sa place. Mais il nous faut définir ce qu'étaient les collections royales, au moment oii elles perdirent le caractère de mobilier affecté personnellement à l'usage du souverain pour prendre celui d'établissement national. L'opinion publique est, à cet égard, entièrement à redresser.
Il n'y a pas d'erreur plus fortement enracinée dans l'esprit des Parisiens, que celle qui donne au Musée du Louvre une origine exclusivement révolutionnaire '. Trompé par les apparences, on a confondu l'organisation actuelle avec l'institution elle-même. Depuis l'année 17o0, le principe de la publicité des collections royales, et on peut dire nationales, — car à cette époque les deux qualifications étaient synonymes, — est consacré en France. A partir de cette date, une portion notable des tableaux dn Roi a été exposée publiquement et gratuitement au Luxembourg ^. Les portes s'ouvraient deux fois par semaine % ce qui pouvait suffire aux amateurs de ce temps-là oîi le dilettantisme ne courait pas encore les rues. Les salles étaient, en hiver, chauffées aux frais du Roi, c'est-à-dire de l'Etat ^ Les tableaux exposés étaient désignés dans un livret ^ qui se vendait à l'entrée, en même temps que tous les tableaux du Roi étaient inventoriés, décrits et signalés à Tattention du monde entier dans un magnifique catalogue , rédigé par
1. Le Vandalisme révohitio7inaire, par Eugène Despois, p. 1G9 à 177.
2. Lettres sur les tableaux tirés du cabinet du Roi et exposés au Luxembourg depuis le 14 octobre 1750. Paris, Prault, 1751, in-8 de 59 pages. — Lettres de M. le chevalier de Tincourt à jV'"e la marquise de***, sur les tableaux et dessins du cabinet du Roy, exposés au Luxembourg. Pans, Méiigot, 1751, in-8 de 104 pages.