XXXVI JOURNAL DE LRNOIR
les programmes, eut, au début, des idées grandioses et monumentales sur l'installation de son musée. Elle avait tout d'abord répudié la pensée du comte d' Angiviller comme trop mesquine.
« On a pu juger », disaient les architectes Legrand et Molinos dans un projet, a par l'exposition qui s'est faite celle année dans la galerie des plans désignée depuis longtemps pour le Muséum, combien les tableaux y sont placés à un jour défavorable. Cette expérience, très-heureusement faite avant une dépense considérable, doit donc faire abandonner l'idée de se servir de cette galerie pour cet usage, surtout en conservant les croisées qui éclairent aussi mal la peinlure '.»
Voici maintenant quelques-unes des considérations qui accompagnaient le rapport présenté au Conseil du département de Paris, sur deux projets considérés comme connexes et inséparables : « l'achèvement du Louvre et la fondation du Muséum. »
« Du Muséum. — On entend par ce mot la réunion de tout ce que la nature et l'art ont produit de plus rare et plus parfait. Un Muséum est le temple de la Nature et du Génie. Cette définition simple (sic) indique à la fois l'idée et les proportions du monument digne de porter le titre de Muséum françois. Déjà votre imagination me devance dans le choix du seul édifice qui mérite, au milieu de nous, d'être consacre par ce noble titre. Depuis longtemps l'opinion publique désigne une des parties du Louvre, de ce monument de gloire et de honte-, etc., etc. »■
L'érection du « Temple de la Nature et du Génie « était facile à décréter ; une loi de plus ne coûte pas cher à voter. Mais la déclamation réglementaire terminée, il fallait examiner les moyens d'exécution. Comme on manquait d'ar-
1. Discours sur les mo>ut»ients pufjlii"i pro)îoncc au conseil du département de Paris, le 15 décembre 1791, par Armand-Guy Kersaint, administrateur et député suppléant au département de Paris. Paris. Didol, 1792, iu-4, planches grav,, p. 71.