XLIV JOURNAL DE LENOIR
déclarations de Roland et leur insertion au Moniteur. Le palais, pris d'escalade, était rempli bien avant la fin de 1792. Toutes les portes étaient barricadées ; on montrait les dents à toutes les fenêtres.
On parlait très-haut et on décrétait à la Convention ; on hurlait dans les clubs en faveur de l'art. On y dansait la carmagnole autour des tableaux qu'on y brûlait '. Le Conservatoire réclamait la place qui lui était due -. Mais il ne
1. Récit d'une séance des Jacobins: « Un citoyen ayant présenté quelques tableaux représentant le ci-devant tyran de France et celui de Prusse, ces tableaux sont livrés aux flammes au milieu de la salle. Plusieurs citoyens dansent la carmagnole, en foulant aux pieds les débris de ces tyrans grillés. » {Journal historiq. et politiq., n" du 23 janvier 1794.)
2. « 7 ventôse an U, — Le Conservatoire du Muséum des arts, considérant qu'd a été appelé par la nation pour opérer la prompte régénération des arts en composant le Muséum d'objets dignes de la République, et que tous les citoyens attendent impatiemment le résultat de ses travaux qui se trouvent entravés par le retard qu'éprouvent les diverses demandes déjà faites par luy de vive voix et par écrit au Ministre de l'Intérieur, lesquels consistent :
« lo Pour l'obtentiou des fonds nécessaires aux dépenses matérielles du Muséum; 2° Pour la jouissance des locaux occupés par la ci-devaut Académie, lesquels doivent essentiellement faire partie du Muséum ;
« Arrête que les citoyens Dardel, Wicart, Du Pasquier, Lannoy, Lesueur et David-Leroy se transporteront sur-le-champ chez le citoyen Ministre de l'Intérieur pour lui réitérer l'extrême urgence de ses demandes. »
« 5 fructidor an II. — Le Conservatoire arrête qa'il renouvellera à la Commission provisoire executive de l'instruction publique que^ n'ayant aucune salle à sa dispositiou, elle est priée d'adi'esser le citoyen Bridan au citoyen Pajou, conservateur de la salle des Antiques. Copie de semblable lettre sera envoyée au commissaire Hubert, architecte. » (Séances du Conservatoire). Bridan avait apporté au Louvre sa statue de Bayard.
Longtemps après la dissolution de la Convention, le Conservatoire réclamait encore :
« 1"' germinal an V. — L'administration du Musée central, des arts au Ministi'e de l'Intérieur.
« Citoyen Ministre, par notre lettre du 26 ventôse dernier, l'administration vous a exposé qu'elle ne peut être mise utilement en action que par deux moyens : le premier par la possession des entresolles placées au-dessus des salles basses pour servir de magasins, ateliers et logements ; — le deuxième, en recevant le montant des ordonnances délivrées par vous et de celles qui dévoient les suivre.
« Jusqu'à présent ni l'un ni l'autre de ces moyens n'ont été mis à notre disposition. Notre plus grande gêne naît des localités qui nous manquent; les intérêts particuliers ne seront pas mis sans doute en balance avec ceux d'un établissement public. L'espérance est ce qui nous reste, et, si nous avions des motifs certains de la perdre, vous ne pourriez pas compter davantage, citoyen