‹ Alexandre Lenoir (volume 2)Chapitre 37 sur 252 · INTRODUCTION. XLIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XLIII

Elle ne recula devant rien. On osa entraver l'exposition dès marbres rapportés de Rome et disputer l'entrée du Louvre aux trophées conquis par les armées.

(( 5 ventôse an VI. — L'Administration du Musée central des Arts au Ministre de l'Intérieur.

(( Aujourd'hui, citoyen Ministre, les feuilles publiques

retentissent de l'arrivée prochaine des statues antiques ; les amateurs des arts témoignent leur juste crainte sur la manière dont on placera ces objets précieux dans le Muséum, car ce n'est pas sur le choix du lieu qu'-ils balancent. Il est déterminé dans l'opinion générale, comme il l'a été par un arrêté du Directoire. Le local proposé par nous avoit, en efï'et, été jugé le plus convenable par un jury nommé par vous ad hoc

le Un plan et des devis ont été fournis par feu le citoyen

Hubert. Nous avons proposé de subvenir à la majeure partie des frais de main-d'œuvre, tous les matériaux étant au Muséum tels que marbres précieux, Colonnes antiques, etc.

« Nous avons, sur la promesse que ces travaux alloient commencer, fait débarrasser ce local de tout ce qui y étoit déposé et, depuis quatre mois, les choses sont demeurées dans cet état. Ces mêmes journaux font entendre que ces lenteurs sont occasionnées parla condescendance que Ton a pour quelques boudoirs. Ils ignorent que le citoyen Hubert avait proposé la maison d'Angevillerspour y loger les personnes que ces travaux feroient déménager. D'ailleurs, on sait que le gouvernement n'accorde des logements que sous la réserve d'en disposer au besoin, aux termes de la loi du 17 septembre 1792.»

C'était un attrape-nigaud que le projet idéal du Conseil départemental de Paris, datant de 1792. Il fallut bien vite se contenter de revenir au modeste projet de d'Angiviller, et encore considérablement diminué *. Du décret de la Convention, qui livrait le Louvre aux artistes et aux arts, la seconde partie resta en quelque sorte lettre morte, malgré les

1. Par suite du décret du 27 septembre 1792, tous les tableaux de Versailles restèrent dans cette résidence, et ne vinrent à Paris qu'après le 16 prairial an II (juin 1794). La salle des Antiques, devenue depuis longtemps un magasin, sous la garde de Pajou, ne lit pas partie, à l'origine, du Muséum.

Page 1