XLVI JOURNAL DE LKNOIR
Muséum en 1793 : une petite cour pleine de baraques, un escalier ou deux, le salon des expositions d'art contemporain (aujourd'hui le salon carré) et la galerie des plans, c'est-àdire un fragment très- restreint de la galerie du bord de l'eau ; à peine quelques recoins pour y organiser des ateliers de restauration ; pas une galerie ni un magasin au rez-de-chaussée. La salle des Antiques, encombrée depuis longtemps et placée sous les ordres de Pajou, ne faisait pas partie du Musée. On ne songea d'abord, ni à annexer les sculptures aux peintures, ni à utiliser cette salle des Antiques qui existait depuis Henri IV. En l'an III seulement, Pajou, son conservateur, fut englobé dans le personnel du Conservatoire ^ A une époque oii l'antique faisait fureur, il est bizarre, mais certain, qu'on ne chercha pas à réunir les beaux modèles des statues antiques qui étaient en France. Il fallut l'arrivée des marbres d'Italie, en 1798, pour éveiller l'attention du public, et faire créer un musée des Anti-
lifs à cet objet sous la surveillance de la Commission d'Jnstruction publique et arrête qu'il sera employé à cet effet une somme de cent cinquante mille livre» sur les fonds actuellement existans à la disposition de ladite Commission. Signé : Cambacérès, président^ Thibaudeau, Merlin (de Douay)^ Boissy, Rheuhéti, Lesage, Chenier, Gourdon.
« Le Comité de salut public, vu le rapport fait par le Conservatoire du Muséum des arts, arrête que la Commission executive de l'instruction publique fera travailler sans délai à la prolongation du IMuséum, dans la suite de la gallerie, dans la longueur de quatre-vingt-huit toises, poser les parquets actuellement faits, de manière qu'elle soit en état de recevoir les tableaux qui existent dans les magasins de la République et qu'il sera employé à cet effet une somme de trois cent quatre-vingt-six mille livres sur les fonds actuellement existans à la disposition de cette Commission. »
1. « 14 fructidor au IlL — Trois lettres d'une même date, 13 fructidor, sont ouvertes... La seconde lettre demande l'avis du Conservatoire sur des réclamations du citoyen Douillet, gardien de la salle des Antiques. Ce citoyen demande à être maintenu dans sa place avec des appointements qui puissent suppléer aux bénéfices qui ci-devant lui en tenoient lieu... Sur la seconde lettre, le Conservatoire ayant consulté le citoyen Pajou, ci-devaot garde et actuellement conservateur de la salle des Antiques, arrête qu'il sera écrit à la Commission executive en faveur du citoyen Douillet; qu'elle sera invitée à lui accorder le titre de gardien, rendant compte et agissant d'après les ordres du conservateur, avec un traitement semblable à celui des gardiens des autres dépôti?. » (Séance du Conservatoire de ce jour»)
INTRODUCTION. XLYII
ques *. Les statues de Rome vinrent à Paris avant celles qu'on laissait vendre, dérober ou casser au château de Richelieu et dans maint autre endroit. Le voyage de Yisconti à Richelieu n'eut lieu qu'en vendémiaire an IX. Le 4 thermidor an II, on obtint les salles de l'ancienne Académie de peinture, les pièces adjacentes, quelques salles au rez-dechaussée ^. A la date du 13 floréal an VII, l'administration du Musée ne possédait encore au Louvre que le jardin de l'Infante, la galerie d'Apollon, la salle destinée aux Antiques, dessous, et le premier étage de la grande galerie ^. Mais qu'on songe au modeste local de 1793. C'était « le temple de la Nature et du Génie ! »
1. « lo prairial an Vil. — Un membre propose et le Conseil arrête qu'il sera écrit au ministre de l'Intérieur pour lui demander de nommer une commisîiou à l'effet de se trani^porter à Tours et à Richelieu, pour examiner s'il y existe encore quelques-unes des statues antiques ou l'ragmeuts d'antiquités que le cardinal de Richelieu y avoit fait porter pour l'ornement du palais qu'il avoit fait bâtir à Richelieu et qui, par leur mérite, pourroient trouver place dans la nouvelle gallerie des Antiques. » (Séance du Conseil d'administration du Musée du 15 prairial an VII.)
2. « 3 thermidor an II. — Le Conservatoire arrête que demain, 4 thermidor, le Conservatoire s'assemblera à cinq heures du soir pour y recevoir les représentants du peuple, David, Granet et Fourcroy, qui doivent, aux termes de l'arrêté du Comité de salut public, mettre en possession le Conservatoire des salles de l'Académie et pièces adjacentes ainsi que du jardin du Muséum et des salles du rez-de-chaussée désignées dans le plan qui fut présenté audit Comité. » (Séance du Conservatoire du 3 thermidor an II.)
3. « 13 floréal an VII. ^^ On fait lecture d'une lettre des administrateurs du bureau central du canton de Paris. Us préviennent l'administration que le Ministre de la police les a prévenus qu'une partie des fenêtres du. Louvre (palais national des sciences et arts) restent ouvertes. Us appellent l'attention de l'administration sur les dangers qui peuvent résulter de cette ouverture, à l'aide de laquelle il deviendroit facile à la malveillance d'introduire des matières combustibles et d'incendier ce monument.
« L'administrateur adjoint prévient le Conseil que, sitôt la réception de cette lettre, il a été répondu au bureau central pour le prévenir que leLouvre, proprement dit, n'est point sous l'inspection de l'administration du Musée qui n'a que le jardin de l'Infante, la gallerie d'Apollon, celle dc.-tinée aux Antiques dessous, et le premier étage de la grande galerie qui se prolonge jusqu'au pavillon de Flore, aux Thuileries. On lui a de même mandé que dans ces parties il ne restait aucune fenêtre ouverte la nuit; qu'une garde surveillante y existe et que l'administration a pris contre l'incendie toutes les précautions que sa prudence lui a suggérées, »