‹ Alexandre Lenoir (volume 2)Chapitre 45 sur 252 · LIV JOURNAL DE LENOIR · texte numérisé non relu

LIV JOURNAL DE LENOIR

c( Je déclare, » disait un homme modéré et appartenant par ses habitudes à l'ancien régime *, « que jusqu'à présent la nomination des commissaires du Muséum national a été confiée, par l'effet de la protection et de la cabale, à des citoyens qui sont incapables de supporter le poids d'une pareille fonction et même hors d'état d'en connaître les devoirs. Pour s'en convaincre, il suffît de se rappeler la situation déplorable dans laquelle les commissaires de la première nomination ont laissé le Muséum. »

Cette grotesque association d'incapables géra tranquillement le Muséum, depuis la fin de l'année 1792 jusqu'au 27 nivôse de l'an II (16 janvier 1794). Le ridicule dont elle se couvrit ^, les dangers ^ qu'elle fit courir aux rares objets qu'elle avait trouvés dignes d'entrer dans le Musée de la République, la firent honteusement chasser par David. Les préoccupations qui présidèrent aux nouveaux choix de la Convention, furent bien différentes de celles qui avaient dicté les préférences de Roland. Il ne s'agissait plus, pour être élu, d'avoir des racines dans la société de l'ancien régime ou de se pousser par l'esprit de corps. Les rôles étaient complètement intervertis. Pour faire partie de la Commis-

losophe n'est guère propre à courir dans les bureaux des ministres pour obtenir le poste auxquels son talent l'appelle. L'homme médiocre, au contraire, accoutumé à ramper, sait prendre toutes les formes qui plaisent à ceux qui sont en place, etc., etc., etc. »

1. Avis à la nation sur la situation du Muséum national, par Guillauma Martin, peintre d'histoire de la ci-devant Académie de peinture-sculpture. Paris, 1794, in-S» de 49 pages, p. 7. — Consultez également : Observatio7is de Picault, artiste restaurateur de tableaux, à ses concitoyens sur les tableaux de la République. 1793, in-8 de 77 pages, pp. 16 et 17.

2. Voyez Réflexions sur le Muséum national, par le citoyen Lebrun, Paris, 1793, in-S^. — Observations sur le Muséum national, par le citoyen Lebrun, Paris, 1793, in-8°. — Quelques idées sur la disposition, l'arrangement et la décoration du Muséum natio7ial, par le citoyen Lebrun, adjoint à la Commission temporaire des arts. Paris, Didot, l'an III, in-S». En tant que membres de la Commission des monuments, les commissaires du Muséum méritèrent tous les reproches adressés à cette Gomnxission par Mathieu dans le rapport qui la fit supprimer.

3. Ibidem, et Réimpression du Moniteur, t. XIX, p. 226 et suivantes.

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