INTRODUCTION. LXV
cuta pied à pied ce rapport. Elle'se justifia *. Mais il n'y avait rien à répondre à de tels griefs : a son patriotisme n'était pas assez prononcé ; son civisme paraissait stationnaire et même, dans quelques cas, arriéré I » La Commission, issue originairement d'une autre assemblée que la Convention, comptait déjà trois ans d'existence et «l'aristocratie naît de la permanence des commissions. » On ne réfute pas de tels axiomes : la Commission des monuments fut sufiprimée. Elle a bien mérité de la postérité, car c'est elle qui, dès 1790, désigna Lenoir pour diriger le dépôt des Petits-Augustins ^. La Commission temporaire |des arts, qui survivait seule, n^avait pas des origines aussi compromettantes. Elle n'avait jamais été présidée par un duc ; elle n'émanait pas de l'Assemblée constituante. Elle avait été chargée par la Convention « d'inventorier tout le mobilier des ci-devant académies, tous les dépôts des[machines, de cartes, de plans, de manuscrits et autres objets d'arts et de science dispersés dans divers dépôts ^. » Peu à peu elle s'était substituée à la Commission des monument?, et plusieurs membres de cette dernière Commission passèrent dans son sein. Ses fonctions, d'abord si modestes, furent presque toujours bien remplies. On comptait parmi les commissaires un très-grand nombre d'hommes éminents *. Les rares énergumènes qui
1. Compte rendu à la Convention nationale par la Commissioii supprimée des monuments et servant de réponse au rapport du Comité d'instruction publique. Paris, de l'imprimerie de Brosselard, in-8° de 60 pages. Ce compte rendu contient un historique très-complet des travaux de la Commission des monuments. — Cf. Mis de Laborde, les Archives de France pendant la Révolution, p. 30, et l'article de feu Boutaric dans la Revue des questions historiques, tome XII, p. 325 et suiv.
2. Notice succincte des objets de sculpture et d'architecture réunis au Dépôt provisoire national, rue des Petits-Augustins, p. 1. — Musée des monuments français, tome I, avant-propos, p. 3. — Catalogue de 1815, sous le titre de : Mus. roy. des mon. fr., ou Mémorial de l'histoire [de France et de ses monuments, p. 5.