INTRODUCTION. XI
de tout ce qu'on lui avait retiré. Il conforma sa rédaction aux besoins actuels de son musée, à l'état du Dépôt au jour où il écrivait. Il omit tous les tableaux. Il négligea les bronzes enlevés pour l'Arsenal, dont l'état n° 2 nous annonce la destruction, les objets dont il avait modifié l'emploi, qu'il avait laissé vendre au profit de la nation ou qu'il avait cédés à d'autres administrations. Enfin il décrivit ses monuments, non pas toujours dans les conditions où ils se trouvaient au moment de leur entrée au musée, mais dans la forme qu'ils affectaient à l'époque de la rédaction de l'état n° 1 . Il résulte de ce fait qu'on peut savoir assez exactement à quelle époque cet état n° 1 a été rédigé.
Dans son Journal (n° 57), Lenoir s'exprime ainsi : « Du chapitre Notre-Dame. — Un squelette en albâtre, sculpté, à ce que l'on croit, par François Gentil. » Ce même objet, en l'an YI, p. lOo, n" 72 de la Desmption historique et chronologique^ était déclaré attribué à tort à Germain Pilon, sans qu'on tentât d'en nommer le véritable auteur. En l'an YIII, dans la 5* édition delà Description historique et chronologique (p. 191, n° 91), l'attribution nouvelle à François Gentil, consignée dans le Journal^ est reconnue inexacte tout comme l'opinion favorable à Germain Pilon. Le Journal a donc été rédigé à un moment où Lenoir, ne croyant plus à Germain Pilon, croyait encore à François Gentil ; donc le Journal est postérieur à l'an VI et antérieur à la publication de l'an VIII.
La statue du cardinal de BéruUe, par Anguier, venant de l'Oratoire de la rue Saint-Honoré, et qui faisait double emploi avec une autre statue de Sarrazin venant des Carmélites de la rue Saint-Jacques, était encore intacte en 1793, comme le constate le n" 122 de la Notice succincte. Elle n'était pas brisée non plus en 1795. (Voir le n° 177 de la Notice historique des monuments des arts réunis au Dépôt national de l'an IV.) On la retrouve encore entière sous le