‹ Alexandre Lenoir (volume 2)Chapitre 7 sur 252 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

qu'il fut composé à loisir et écrit quelque temps après les faits qu'il retrace, d'après des souvenirs et surtout d'après les documents soigneusement conservés et classés par Lenoir. La collection complète de ces documents est. plus instructive sans doute que le journal, à certains égards rétrospectif, qui en est le résumé et en quelque sorte la table des matières ou, si l'on veut, la table chronologique. Mais cependant ce résumé, travail personnel de Lenoir, emprunte aux souvenirs et aux interprétations de son rédacteur un puissant intérêt. Si, dans certains cas assez rares, il est trop laconique pour pouvoir remplacer complètement les documents originaux dont il émane, dans une foule de circonstances il ajoute beaucoup à la sécheresse de ceux-ci, explique et résume des faits par des appréciations. Il est certain que Lenoir attachait de l'importance à ce travail. Des notes marginales qu^il a jetées sur quelques documents originaux renvoient parfois à son journal \ La publication intégrale du journal de Lenoir est donc la base indispensable de toute histoire du Musée des monuments français. Quelques mots sur le mode de composition et la date de rédaction de ce document. Le journal de Lenoir se compose de trois états. Le premier comprend les statues et colonnes entrées au dépôt des Petits-Augustins en 1791 et 1792 et, quoique le titre ne le dise pas, quelques monuments arrivés seulement en 1793 ^ Le second renferme l'historique du Musée depuis le 22 septembre 1793 jusqu'au 17 floréal an VII (6 mai 1799). Le troisième constate la sortie des objets depuis l'origine jusqu'en 1816.'

1. Voyez, par exemple, lai note qui accompagne le n» 325 du Journal de Lenoir.

2. L'état n" 1 constate la présence, au Musée, d'objets d'art qui, d'après l'état n» 2, n'y sont entrés qu'en 1793, par exemple celle de la statue du prince de Garpi et celle de l'épitaphe de Pascal. Cela s'explique parfaitement par le mode respectif de composition des deux états, l'un écrit d'après un document imprimé datant de la fin de 1793, l'autre avec des documents manuscrits.

L'état n" 1 du journal de Lenoir a été rédigé par son auteur à l'aide de la Notice succincte des objets de sculpture et architecture réunis au Dépôt provisoire national, etc., imprimée avant le 28 décembre 1793 *. Lenoir s'est borné la plupart du temps à reproduire son texte imprimé, presque mot pour mot et en l'abrégeant seulement. Le plus souvent l'ordre des articles n'a pas été interverti. Les n^M à 5 du Journal correspondent aux n''M à 5 de la Notice succincte; les n°* 9 à 17 du Journal aux n"* 12 à 20 de la Notice, etc. Un certain nombre d'articles du Journal ont été composés par le rapprochement et la fusion de différents articles de la Notice. Ainsi le n° 8 du Journal est formé du mélange des n"MO, 11, 240 et 251 de la Notice. Le n" 19 du Journal résume les n"' 24 et 39 de la Notice. Le n° 86 du Journal n'est que l'analyse des n"" 125, 127 et 128 de la Notice. Le n' 98 du Journal est le produit des articles 144 et 149 de la Notice combinés ensemble. On peut vérifier l'exactitude de ces assertions en comparant les deux textes, puisque nous avons réimprimé en appendice la Notice succincte, introuvable aujourd'hui, et si curieuse pour l'histoire du Musée des monuments français. La Notice succincte est, en eSet, un inventaire complet ou presque complet de tout ce qui était entré chez Lenoir depuis 1790 jusque vers le milieu de 1793, époque oîi le manuscrit fut vraisemblablement terminé et remis à l'imprimerie ^. Quand elle parut, ainsi que nous l'avons dit, vers le mois de décembre 1793, un certain nombre d'objets désignés comme se trouvant dans le Dépôt n'existaient plus par suite de la revendication des bronzes exercée par la Commune de- Paris. Lenoir, reprenant après coup l'énumération des monuments remis dans ses mains, ne crut j as nécessaire de conserver la mention

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