N»» 286, 317, 374 du Journal de Lenoir et pansim
INTRODUCTION. XCÏX
administrativement, sur états paraphés et signés. Il en aurait péri vingt fois plus sans le courage et l'énergie du Conservateur. Après l'un des derniers enlèvements, et pour rappeler à Lenoir le caractère précaire de son dépôt, on mutila officiellement les sculptures qui décoraient intérieurement les portes de sa maison ^ C'était le 3 frimaire an II. La République mettait son cachet et ses insignes sur le magasin de ses menus plaisirs.
Je critiquais tout à l'heure les commissaires fondateurs et les premiers conservateurs du Muséum de ne s'être pas laissé entraîner par leur zèle et leur amour de l'art à commettre des imprudences. J'avais tort d'exiger d'eux un héroïsme dangereux et peut-être inutile. Il aurait suffi qu'ils fissent leur devoir et ne mêlassent pas de passions politiques à l'exécution d'une mission scientifique. Ils faisaient partie de la Commission temporaire des arts, nous le savons, et Ja Commission, fort heureusement peu conséquente avec elle-même, décida, en août 1794, que tout ce que renfermait Saint-Denis serait mis à la disposition du Muséum. On sait quelle merveilleuse collection formait alors la basilique, toute jonchée de ses monuments mobihsés ^. Les conservateurs du Musée national n'avaient guère de choix à faire ; tout était à prendre. Lenoir, à cette date, en août 1794 ', avait à peine commencé à e;ïploiter cette