INTRODUCTION. LIX
et condamne Fimpuissance si regrettable du Conservatoire républicain de 1792 à 1796.
Le sentiment qui domina, dans l'esprit des arbitres desarts pendant la Révolution, fut le besoin d'une double épuration. Épuration au point de vue politique ; épui%ition au point de vue esthétique. On connaît les résultats de l'épuration politique. C'est elle qui fit rendre les décrets funestes à tant de monuments. Mais ce qu'on sait moins, c'est que, bien avant Grégoire, dès le mois d'octobre i 793, de courageux citoyens avaient signalé au gouvernement républicain les dangers du fanatisme inconoclaste. A côté de la destruction systématique des monuments et de leur anéantissement pur et simple, ordonné d'abord, puis toléré seulement, la France souffrait d'une autre cause d'épuisement. Elle per-
qa'ait pu être la cause et, pour ne parler que de la dépense, tous serez sans doQte étonnés yous^mèmes^ citoyens, d'apprendre que, sans que j'aie permis d'organiser les travaux de restauration et quoique les dorures aient été suspendues, U dépense de votre établissement se monte, pour treize mois, en calculant la valeur relative des assignats et des mandats sur le cours, à une somme de plus de 160,000 livre», valeur métallique. Il est impossible de ne pas être surpris de cette dépense, de la facilité avec laquelle vous l'autorisez et peut-être même de l'irrégularité administrative dont cette facilité a dû nécessairement être cause. Si je vous faisai» des rapprochements avëb d'autres parties de service public, votre étonnement serait plus grand encore, et si je vous demandais ce qu'a produit en résultat cette énorme dépense, excepté la pose d*un parquet qu'il n*a pas fallu payer puisqu'on Ta tiré des magasins de la République, vous ne pourriez vous empêcher de convenir qu'il est très-important, même pour votre tranquillité, d'établir un système d'administration précis et combiné de telle sorte que vos talents et vos lumières soient utiles, sans vous imposer des devoirs et des embarras qui ne vous conviennent point. C'est ce que je me suis proposé dans l'organisation ci-joinle. J*ai cm devoir vous exposer mes motifs afin que vous y reconnaissiez que l'intérêt public seul m'a dirigé. Je recommande avec instance aux membres du Conservatoire qui restent dans l'administration du Musée central des arts de se pénétrer des principes sur lesquels pose cette organisation et de s'y conformer avec précision. J'attends beaucoup de l'amour qu'ils ont pour les arts et de leurs sentiments de civisme. Quant à ceux que j'ai le regret de ne pas conserver à ce poste, je chercherai à rendre leur zèle utile aux arts et à les servir personnellement. La nouvelle organisation date du !•' de ce mois et j'invite l'administration du Musée central des arts à entrer sur-le-champ en fonctions. Salut et fraternité.
et Benezech.
« Le Directeur général de l'Iustruction publique,
« GiNGUENÉ. 9