‹ Alexandre Lenoir (volume 3)Chapitre 45 sur 207 · Introduction au catalogue des peintures, p. xxxix · texte numérisé non relu

Introduction au catalogue des peintures, p. xxxix

3* Voyez le Rapport du Conservatoire du Muséum national des arts, fait au Comité d'instruction publique, le 7 prairial, Can II de la Républiqueé

INTRODUCTION. LVÏI

Rien de pins flatteur, et, dans certains cas, de plus judicieux, que ce tableau. ]tf ais on va voir, en &it, comment les Conservateurs s'appliquèrent à préparer cet avenir. Quand on compare leurs actes à leurs paroles, on a le droit de douter de leur sincérité. Je n'ai pas à entrer dans le détail de l'organisation du Conservatoire du Muséum des arts. L'histoire de la succession du personnel demanderait seule un long développement '. Je n'ai d'ailleurs à apprécier indivi(}uellement ni aucun personnage, ni aucune période déterminée

1. Le 2 août 1794, nouvelle modiOcation. « Ce 15 thermidor an deuxième de la République française. — Le Comité (d'instruction publique) arrête le renouTellement de tous les établissements concernant les arts faits par David et répuration de tous les membres du Muséum où il n*y aura plus de sections ; de le composer de sept membres seulement au lieu de dix, savoir Renaud (Regnault), — Langlier, — Picault. — Dupasquier, — de Wailly, — Varrbn, — Watté. Le Comité arrête en outre que Fragonard, Reauvoisin, Dayid-Leroy et Lannoy seront conservés dans la Commission temporaire des arts. » (Extrait du registre des délibérations du Comité d'instruction publique.)

Cet arrêté n'eut pas un effet complet; une partie de Tancien Conservatoire resta en fonction.

« Le 17 thermidor an deuxième de la République, les CC. Lesueur et ' Vîcart, tous deux membres du Conservatoire du Muséum national des arts et de la Commission des arts axi^ointe au Comité d'iustruction publique, présentent leur démission de l'un et de l'autre emploi. Elles sont acceptées, m (Extrait du registre des délibérations du Comité d'instruction jmblique.) Cette double démission n'était pas nécessaire, en ce qui concerne l'emploi de membre du Conservatoire, puisque l'arrêté du 15 n'avait maintenu en fonctions ni Wicar ni Varon.

En floréal an HI, c'est-à-dire en mai 1795, il fallut encore licencier le Conservatoire de David, que l'épuration de 1794 n'avait pas amélioré, paralt-il.

cr Arrêté du Comité d'instruction publique :

« Floréal an Ilh — Le Comité, considérant qu'il est urgent d'accélérer l'organisation du Muâénm national des arts, de prévenir les dégradations auxquelles sont exposés les chefs-d'œuvre qui'sont dans les dépôts provisoires et de mettre un ordre stable dans l'administration d'un établissement aassi utile pour les arts, arrête : — Article premier. Le Conservatoire du Muséum national sera à l'avance composé de cinq membres, savoir : les citoyens Roberti peintre, Fragonard, peintre, Vincent, peintre, Pajou, sculpteur, Picault, restaurateur de tableaux. — Article 2. Il y aura un secrétaire nommé par le Conservatoire. (Ce fut un nommé Foubert.) — Article 3. Les membres du Conservatoire qui seront supprimés par le présent arrêté resteront membres de la Commission temporaire des arts. »

Le 3 pluviôse an Y nouvelle organisation. — a Séance extraordinaire du 8 pluviêse an V. — Il résulte de cet acte ministériel que le Musée central sera dirigé et administré par un conseil d'artistes, un administrateur et un

LTin JOURNAL DE LENOIR.

de l*existenee de cette piteuse admiaistration. Je la mon-* trerai collectivement à l'œuvre sous la Révolution. Je l'apprécierai d'ensemble, comme l'a fait un ministre très-éclairé de la première République, dans une lettre ^ où il constate

adUoiat. Trois des membres du Conservatoire feront partie de ce conseil et deux autres artistes y sont appelés, sayoir : les citoyens Suvée et JoUain, peintres ; le citoyen Léon Dufoumy, comme administrateur et membre du Conseil. Le citoyen Foubert, secrétaire du Conservatoire^ est nommé membre du Conseil et adjoint à l'administrateur. La décision du Ministre pour l'exécution de cet acte est datée du 3 pluviôse, présent mois. » Lavallée fils fut désigné comme secrétaire. (Registre des délibérations du Conservatoire.)

1. Paris, pluviôse an V de la République française une et indivisible. — Le Ministre de l'Intérieur aux conservateurs du Muséum central des arts. — L'importance du Muséum fixe, depuis sa formation, les regards de tous ceux qui exercent ou qui aiment les arts. Jusqu'ici l'autorité publique n'a pas paru l'en occuper assez. Les circonstances en sont sans doute la cause. Mais le go\if emement constitutionnel ne peut pas négliger un établissement aussi précieux et qui doil avoir une si heureuse influence sur le génie et sur l'industrie nationale.

« Il faut que dans cet établissement tout porte un caractère d'ordre, de dignité et d'utilité publique. Jusqu'à présent le public et les artistes n'ont pas semblé satisfaits sous ces différents rapports et, après avoir examiné attentive- .ment la manière dont le Muséum a été dirigé et administré depuis son origine, j'ai senti que le gouvernement n'aurait jamais dû être satisfait lui-même que du zèle individuel que chaque artiste a pu mettre à faire ce qu'il croyait bien. Mais il y a souvent fort loin de cette bonne volonté individuelle ou même collective à une bonne administration. Je crois que le Conservatoire actuel a eu les meilleures intentions, cependant, soit que le système d'organisation exigeât réellement trop de temps des artistes qui le composaient, tous n'ont pas montré le môme zèle, la ^ôine assuidité ; tous n'ont pas pris également part au service public. Le fardeau n'étant point partagé également devenait trop pesant pour ceux qui en restaient chargés et l'administration ne pouvait plus être régulière. Je suis persuadé que cet mconvénient provenait de deux vices de l'organisation faite par le comité d'instruction publique ; premièrement de ce qu'elle exigeait de fait trop de temps de la part des conservateurs) ce qui les aurait forcés, s'ils s'étaient entièrement dévoués au service du Muséum, à renoncer aux travaux qui intéressent leur gloire et leur fortune. Je pense qu'avec cet inconvénient on ne pourrait jamais placer auprès du Muséum que des talents inférieurs. Ce qui nuirait à la considération que doit avoir l'établissement. J'ai voulu remédier à ce vice en laissant, dans la nouvelle organisation, aux artistes qui composeront le Conseil d'administration du Musée central du loisir pour leurs travaux. Ils en auront aussi plus de dignité dans l'établissement.

« L'autre vice de l'organisation du Comité consiste, ce me semble, à exiger que des artistes deviennent des administrateurs, ce qui est tout opposé à leur éducation primitive, à leur génie et contraire à leur manière d'être habituelle. 11 peut s'en trouver quelquefois à qui ces soins conviennent, mais c'est par exception. 11 n'est donc point étonnant que le Conservatoire n'ait pas formé une bonne administration. Mais les conséquences en sont graves, quelque innocente

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