‹ Alexandre Lenoir (volume 3)Chapitre 49 sur 207 · Ibid.y p · texte numérisé non relu

Ibid.y p

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tionnaires, qu'elle nommait conservateurs de ses collections, bornassent leur mission à lui composer le plus beau musée de l'Europe. Elle les investit du droit de régénérer les arts. C'étaient eux qui avaient mission d*aménager les expositions annuelles, de disposer l'exhibition de tous les concours pour les œuvres d'art. Au point de vue de l'art ancien, le Conservatoire du Musée ne fut qu'un bureau de triage, comparable h celui que la République organisa pour les archives de la vieille France.

Le marquis Léon de Laborde a parfaitement expliqué ce que demandait la Convention au bureau de triage des archives et ce qu'elle en attendait. Il a montré comment le personnel de ce bureau, pris forcément parmi les spécialistes — le goût ne suffit pas en matière d'archivés, — avait procédé en quelque sorte contre la loi de son institution, et avait conservé *à l'histoire le plus de documents qu'il avait pu. Il n'en fut pas ainsi pour les œuvres d'art. Le bureau de triage partageait tous les mauvais préjugés de la Convention, et, à ce point de vue, remplit ses fonctions avec une ardeur de sectaire. H s'occupa moins de conserver que de proscrire et de régénérer. Pour comprendre l'établissement et l'organisation de*ce triage, il est nécessaire de remonter quelques années en arrière.

Quand TAssemblée nationale eut décidé que les biens du clergé appartenaient à la chose publique, il se forma dans son sein un comité d'aliénation de ces biens, dont, le duc de La Rochefoucauld fut président. Le 13 octobre 1790, un décret obligea les directoires des départements et^ à Paris, la municipalité à veiller à la conservation des églises et des maisons devenues domaines nationaux et d'en dresser des états pour être envoyés au Comité d'aliénation. Pour éclairer sa surveillance, la municipalité de Paris nomma une commission de savants et d'artistes. De son côté, le Comité d'aliénation de l'Assemblée nationale s'était entouré d'une

INTROWCEION. LXUI

eommissioD d'hommes spéciaux pour s'occuper de la recheFche des monuments relatifs aux sciences, aux lettres et aux arts. Après avoir opéré séparément, ces commissions se réunirent et se fondirent en une seule, le 6 décembre 1790. Telle fut l'origine de la Commission des monuments. Le 31 mai 1791^ cette Commission décida que le nombre de ses membres resterait fixé à vingt-trois. Elle déclara le même jour quel serait le mode de ses élections. Les événements du 10 août, qui avaient ouvert tant de palais à la populace, rendirent plus nécessaire la surveillance des objets d'art destitués d'abris et de protecteurs. Pendant qu'on renversait toutes les statues de Paris, l'Assemblée législative créa, le il août 1792, une commission composée de hutt membres, dont quatre choisis par l'Assemblée et quatre nommés par Tadministration municipale, pour prendre possession du mobilier de la Couronne et en dresser inventaire. Le 16 septembre 1792, cette nouvelle Commission se réunit à celle qui avait été formée par l'Assemblée constituante en 1790, et, par un décret du 18 octobre 1792, la Convention fixa le nombre des membres de la Commission renouvelée à trente-trois. Elle confirma en même temps ses attributions.

Quoique créée dans un but purement administratif et fiscal, la Commission des monuments avait en outre été chargée de faire mettre en réserve et en dépôt tout ce qui pouvait servir à l'instruction et aux arts. En effet, le 16 septembre 1791, l'Assemblée constituante avait décrété «qu'il serait procédé sans délai par la Commission des monuments au triage des statues, vases et autres monuments placés dans les maisons ci-devant royales et édifices nationaux qui méritent d'être conservés ^ » EUe publia des instructions fort utiles'; elle fut animée*des meilleures et plus généreuses

i. les Arckivet de France pendant la Révolution, p. 250.

2. Voici les priacipales : Instruction. concernant la conservation des Mo*

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intentions. Malheureusement, toujours modifiée, entravée, suspectée, accusée tantôt de ne pas conserver ce qui méritait de Tètre, tantôt de réserver sans discernement, elle n'eut pas d'autorité efficace, et ne put faire tout le bien qu'on lui demandait d'accomplir après lui en avoir retiré les moyens. Enfin, dénoncée comme incapable à la Convention nationale, le 28 frimaire an II, elle fut sacrifiée comme réactionnaire. « Votre Comité, » disait le rapporteur au nom du Comité d'instruction publique, n a pensé que le mérite des lumières et des talents était insuffisant si l'on n'y joignait pas un patriotisme très -prononcé. Dans le mouvement actuel et général, le civisme de plusieurs membres de cette Commission a paru stationnaire et celui de quelques-uns arriéré. » On énumérait ensuite toutes les fautes commises, et on comparait les travaux delà Commission des monuments à ceux de la Commission temporaire des arts. Le rapporteur terminait ainsi son réquisitoire : <f Les deux commissions ne peuvent subsister en môme temps. L'une a mérité des reproches, l'autre des éloges : l'une a laissé dépérir, l'autre a conservé. L'aristocratie natt de la permanence des commissions : celle des monuments était déjà ancienne. » La Commission des monuments dis-

numerUs, chartes, sceaux, livres, imprimés, monuments de Vantiquité et du moyen âge, statues, tableaux, dessins et autres objets relatifk aux beauxHxrts, aux arts mécaniques, à l'histoire naturelle, aux mœurs, usages de différents peuples tant anciens que modernes provenant du mobilier des maisons ecclésiastiquesTet faisant partie de biens nationaux. Paris, imprimerie nationale, in-8^ de 12 pages (15 décembre 1790).

Instruction pour procéder à la confection du catalogue des bibliothèques sur lesquelles les directeurs ont dû ou doivent incessamment apposer les scellés. (Aux Comités réunis d'administration ecclésiastiqne et d'aliénation des biens nationaux, 15 mai 1791.) Paris, de l'Imprimerie nationale, 1791, in-8ode 15 pages.

Instruction pour la manière de faire les^états et notices des monuments de peinture, sculpture, gravure, dessin, etc., provenant du mobilier des maisons ecclésiastiques supprimées et dont Venvoi est demandé prompte-* ment par les Comités réunis cTadminisiration ecclésiastique et d^aliénatûm des biens nationaux (!•' juillet 1791). Impnmerie nationale."

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