‹ Alexandre Lenoir (volume 3)Chapitre 75 sur 207 · N» 157 du Journal de Lenoir · texte numérisé non relu

N» 157 du Journal de Lenoir

2. La Convention avait décidé que, pour fêter ranniversaire du 10 août 1792, on violerait les sépultures royales le 10 août 1793. La commune de Saint- Denis devança le signal, et les 6, 7 et 8 août, l'œuvre de destruction avait été commencée.

3. Il avait été question de transporter les monuments de Sainl-Deuis à Paris et au Louvre, dès le 18 février 1794 :

« Séance de la Commission temporaire des Arts du 30 pluviôse an II. Le G. Lebrun lit un rapport sur les monuments que contient la ci-devant église de Saint-Denis. La Commission arrête qu'il sera avisé aux moyens de transporter an Muséum sans inconvénient les objets précieux qui. méritent d'ôtre conservés e^ que les monuments qui sont encore en place y resteront provisoirement. Le C. Lenoir sera invité de se rendre à la séance prochaine pour communiquer ses vues sur l'exécution de cet arrêté. »

montagne de sculpture et cette carrière de chefs-d'œuvre. D'ailleurs, les visées de Lenoir sur l'ensemble des monumentSy eussent-elles été avouées et connues, ne pouvaient rien entraver. Lenoir ne faisait pas partie delà Commission temporaire, et tout son dépôt était alors soumis aux revendications de l'administration du Muséum. Les membres de cette administration le regardaient comme un employé subalterne et lui envoyaient, en ce même mois d'août 1794^ l'injonction d'avoir à leur livrer les deux statues de Michel- Ange sauvées par lui ^ Tout Saint-Denis pouvait et devait donc trouver un asile au Louvre. Mais on était encore au lendemain de la Terreur. Fut-ce lâcheté, fut-ce ignorance? Un seul monument de Saint-Denis a été jugé digne du Muséum par ces hommes de goût doublés d'hommes de cœur. C'est la belle vasque du xm* siècle, aujourd'hui dans la cour de l'École des beaux -arts.

Voici la décision du Conservatoire :

« 11 fructidor an II (28 août 1794). — .Les citoyens commissaires, chargés par la Commission temporaire des arts d'aller à Franciade (Saint-Denis) examiner les objets d'art qu'il convient de transporter à Paris, proposent qu'une grande cuve[Ue de pierre de lierre {sic) de onze pieds six ponces de diamèlre soit apportée et reposée dans le jardin du Muséum. La proposition, mise aux voix, est adoptée et ils sontinvités d'en faire part à la Commission temporaire ^. »

Il n'y a pas à nier la signification de ce document. Un seul monument de Saint-Denis méritait d'entrer au Muséum 1

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