INTRODUCTION. CXIX
Ma démonstration est certainement péremptoire. Le Conservatoire du Muséum voulait, en 1794, la destruction de tous les bronzes échappés à la fureur du peuple de Paris. Dans toute autre question il serait superflu d'insister. Je ne puis pas cependant oublier que j'ai affaire ici à l'esprit de parti. On ne manquera pas de m'objecter que, si j'ai prouvé jusqu'à l'évidence l'intention formelle du Conservatoire du Muséum d'écarter les bronzes parisiens, je n'ai pas établi, sur témoignage écrit, leur envoi direct à l'arsenal et à la fonte. Eh bien ! je puis prouver qu'en octobre 1794 le verdict proscripteur était déjà rendu depuis huit mois. En effet, lorsqu'on recueillit les restes du cheval de bronze^ tous les morceaux de métal n'avaient pas été portés au même magasin du Roule où Lebrun les sauva. Les bas-reliefs ^ , qui déjçoraient sur trois faces le piédestal de la statue, se trouvèrent isolés des autres débris de la figure et remisés je ne sais où. Dénoncés dès le 20 mars 1794, ils furent réclamés pour le « creuset national » ; et, quand la Commission temporaire des arts eut à statuer sur leur conservation, il se trouva là un membre du Conservatoire du Louvre pour en proposer et en obtenir la destruction :
a Séance de la Commismn temporaire des Arts du 30 vet^ tôse an n{W mars ^94).
« Un membre observe qu'on se propose de fondre les basreliefs qui ornoient la statue d'Henri IV. Renvoi à la section de Peinture et de Sculpture. Le C. Varon est adjoint à cette section pour faire un rapport. »
a Séance du 5 germinal an II (15 avril 4794). — Rapport du
1. Voict^ d'après Hurtaut et Magny (DicHonn, fnst de la ville de Parts, t. IVy p. 46)^ -quels étaient ces bas-reliefs : « Sar la face qui est du côté du fauxbourg Saint-Germain sont représentées, en bas-reliefs, les batailles d*Arques et d*lTry. Les principales circonstances en sont expliquées par deux inscriptions... Sur la table, qui est du côté du Pont-Ro^al, est marquée l'enti^ triomphante du roi Henri le Grand dans Paris, le 22 de mars 1594... Enfin^ sur la face qui est du côté de la Samaritaine, son^ marquées la prise d'Amiens et celle de Montmélian en Savoie, a