CXX JOURNAL DE LENOIR
G. Varon sur les bas-reliefs qui ornoient la statue de Henri IV. Il eu résulte que ces bas-reliefs, déjà mutilés, ne sont pas assez précieux pour être conservés et qu'on peut les livrer à la fonte. »
Maïs, me dira-t-on, vous calomniez l'esprit révolutionnaire. Son avidité pour le bronze, en dehors des questions politiques, avait d'avouables et môme d'honorables eicuses. n fallait fournir des canons à nos armées. — C'est, je le déclare, un pitoyable argument . Le pays regorgeait des métaux nécessaires à la confection de l'artillerie ^ Témoin ces nombreuses cloches qui ont survécu à la fonte générale, malgré la convoitise des ministères de la guerre et des finances *. Que restera-t-il enfin de ce ridicule plaidoyer des circonstances atténuantes, si je montre la Révolution animée des mêmes sentiments à l'égard du marbre ? Pour être plus justes, écartons-nous momentanément de l'époque brûlante de la lutte ; laissons tomber la fièvre du combat et ne tâtons le pouls de l'opinion républicaine que lorsque le sang-froid a pu lui revenir. En messidor an VI, les mauvais jours de
1. On lit dans le compte rendu d'une séance de la Gonyention, inséré dans le Journal historique et politique, n» du 11 février 1794 : a Le Ministre des contributions publiques met sous les yeux de l'Assemblée deux états relatifs à k fabrication de monnoyes. Depuis le premier janvier jusqu'au 30 nivôse, la fabrication des espèces de cuivre et de métal de cloches se monte à 4,885,750 livres. Les envois de cuivre et de cloches faits par les départements sont estimés jusqu'au 30 nivôse, en cuivre et bronze, à 568,949 livres, et en cloches à 5,198,926 livres. »
2. La Convention n*est pas seule responsable de la disparition des cloches. Les Assemblées eonstituante et législative leur avaient déjà fait la guerre Cf. Adresse à V Assemblée nationale sur la fonte des cloches par M. Devilliers, horloger, rue de Charentony n» 27, et M, André Péligot, horloger, rue Montmartre, n« 214. De l'imprimerie de L. Jorry, etc., 1790. 8 p. in-8. — Idée d'un citoyen patriote sur la suppression des cloches des paroisses de' Paris, de l'imprimerie de Demooville, rué Christine, 1790. 8 p. in-8. — Réflexions sur le projet de rendre le métal des cloches mal éable et den fabriquer de la monnaie pour servir à rechange des petits assignais. A Paris, de l'imprimerie de P. Fr. Didpt le jeune, 1791. 24 p. in-8. — Récit et extrait des délibérations de rassemblée générale de la section de Notre" Dame, en ce qui concerne les chches. De l'imprimerie de v« Hérissent, rue Notre-Dame, 1792. 12 p. in-8.