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XX JOUBKAL DE LEfiOlll.
d'objets d'art et de pièces d'archives * ? A ce terrible moment, point de transaction : guerre à mort et sans merci aux monuments religieux ou simplement iconographiques , voilà le mot d'ordre universel, quelles que soient les phrases dans lesquelles on l'enveloppe. Les deux commissions tolérées et encore existantes, mais dont l'une va disparaître, ne pouvaient donc que gémir en silence, etméditer les plus belles instructions du monde sur la manière de conserver les collections d'histoire naturelle, les archives, les bibliothèques et les objets d'art *. La Commission temporaire des arts elle-même, dominée par les Montagnards, fut prise d'un accès de folie '. Le Comité d'instruction publique, dans sa séance du 29 floréal an II, .eut aussi des crises de fièvre, chaude *. Ce fut alors que la Commune de Paris, en saccageant les éghses et les autres monuments de la capitale , remplit à son insu un rôle providentiel. Elle entassa chez Lenoir, pour y être subséquemment vendus ou utilisés, l'orfèvrerie des églises, les métaux, les marbres et les principaux ouvrages par lesquels la sculpture avait consacré tant de souvenirs. Chose étrange 1 Chaumette et les plus farouches de ses acolytes, en qualité d'auxiliaires de la Commission d'aliénation des biens nationaux, se firent les pourvoyeurs du Musée des Petits-Augustins ', dont ils ne prévoyaient pas l'avenir. Les matières d'or, d'argent, et même
1. Monileur, eéanr.e de la Convention, discoure de Cambon du 12 brumaire an III (rdimp.,L XXU, p. 410. — A, 'Sthaux, HUMi-e de Troyes paubinl la Révolution, t. Il, p. 2iO. — F. Mége, Le Puy de Dôme en 1793, p. 326. — Marquis de Laborde, Archives de FraTux, passim.
2. Instruction sur la manière d'invenloi-ier et de conserver, dans toute FéteTidue'de la République, tous les objets qui peuvent servir aux arts, atuL sciences et à l'enseignement, proposée par la Commission temporaire des arts, et adoptée par le Comité d'icstructioa publique de la Couveiition »Btionale. Paris, sans date (vers 1195, et certainement après les trois rapports da Grégoire), ia-folio.
'6. Voyez !e procès-verbal de la séance du 23 prairial, bnprîmé plus loin, page xcï.
i. 'V oyei plut loin, page xcvr.
5. Voyez tout le commencemeot de l'ital n<> 2 du Journal de Leaoîr.
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INTHODtCTIOM. XXI
âe bronze, ne faisaient que traverser le dépôtde Lenoir '. La valeur des autres objets, difflcilement réalisable en espèces, fut la caase unique de leur conservation, qui, de provisoire, devint déSnitive. Je ne me laisserai pas non plus faire illusion par l'envoi en province de commissaires chargés d'aller arracher aux bûchers patriotiques quelques pièces réservées au Muséum. Dans bien des cas, cette intervention dut 6tre le signal delà destruction, et ne révèle, chez ceux qui en furent les auteurs, que le désir de limiter et non d'interdire le massacre. En résumé, la première période de l'ère révolutionnaire pourrait s'appeler celle du vandalisme légal. Je ne prétends pas dire, ce qui serait absolument inexact,
. que, même pendant cette première et lugubre période, sous l'influence girondine et montagnarde, la pensée de créer un musée, avec tous ses développements, ait été théoriquement abandonnée par ]a Convention. Mais je me crois le droit d'afGrmer que la Convention fit ou laissa faire tout ce qui pouvait diminuer ou même tarir les sources destinées à alimenter ce musée. Si, parmi les richesses menacées, elle songea h réserver quelque chose pour l'embellissement des collections que Roland cherchait à organiser, elle pensait bien plus encore à détruire tout ce qui portait l'empreinte d'un souvenir féodal. Dans ses décisions contradictoires, ce sont les verdicts proscripteurs qui dominent. Dans la seconde période, c'est tout le contraire. Le gouvernement révolutionnaire avait l'intention formelle de sauver ce qui serait déclaré digne du Muséum et de la postérité. Le reste s'entassait dans les magasins, comme dans un entrepôt, en attendant le jugement ou la vente. Le Musée de Lenoîr ne
■ fut d'abord qu'un de ces entrepôts. Or j'ai voulu savoir ce qu'on réservait pour la postérité. Parallèlement au récit de Lenoir, je vais donc montrer ce que firent, pour la sculp-