INTRODUCTION. XXVII
de ce vaste édifice qui peut-être dans deux siècles n'offrira plus que des débris. M. de Marigny a depuis peu exécuté la plus importante de ces cboses, la conserTation de l'édifice. »
L'igDorance persistante de la foule est sans excuses, dans cette matière, puisque la vérité a été proclamée depuis longtemps dans des livres tirés à très-grand nombre d'exemplaires. Dès {8S3, M. Villot, dans l'introduction de son excellent catalogue, après avoir rappelé la part de Lafont de Saint-Yenne * à cette grande innovation de la publicité des collections, disait (p. xxsi) ; «En 1773, le comte d'AngiviUer conçut à son tour le projet de rassembler tout ce que la couronne possédait de beau en peinture et en sculpture dans la grande galerie où étaient exposés alors les plans et modèles des forteresses et des villes de France. »
n Les plans transportés aux Invalides >i, s'écriait d'Argcnville, en 1778*, « cèdent la place à la riche collectio» des tableaux du Roi que M. ie comte d'Angiviller a résolu d'offrir aux yeux du public. La réunion des chefs-d'œuvre des écoles anciennes et modernes dont elle est composée, formera un spectacle aussi imposant pour les étrangers qu'intéressant pour la nation et utile aux artistes. Quel Muséum, quel Lycée où le génie doit s'échauffer du feu des grands hommes que leurs ouvrages ont immortalisés I Je [p'empresserai d'en donner une description, lorsqu'il sera ouvert, aux amateurs des beaux-arts, pour joindre à ce Voyage. »
Dans son même catalogue ' , M. Villot a encore constaté
1. Voici ce que Lufont de Saint-Yenne disait, dèa 1747, dans la i" édition de ïes Réflexions sur quelques causes de l'état présent de la peinture eii France : » Le moyen que je propose pour l'avantage le plus. prompt et en m£me lemps le plus efficace poumn rétablissement durable de la peinture, ce sérail donc de clioïsir, dans ce palais ou quelqu'aulre part, un lieu propre pour placer h demeure les chefs-d'œuvre des plus grands maîtres de l'Europe et d'un prix inRni qui composent le cabinet des tableaui de Sa Majesté, entassés
.aujourd'hui et ensevelis dans de petites pièces mat éciair<!es et cachées dans la ville de Versailles, inconnus au indifférents à la curiosité des étrangers par l'impoMibilité de les voir, etc.. i> Réflexions, 2' édition, 1752, p. 227.