INTRODUCTION. XXXI
a Outre ceux qui sont placés dans les grands et petits appartemens du ch&teau de Versailles, il y en a un très-grand nombre à Versailles, àl'hôlel de laSurinlendance, à la garde de M. Portail, ils y sont comme en magasin. 11 y en a aussi dans le garde-meuble du château de Versailles.
« 11 y en a à Paris, au Louvre, dans la gallerie ditte d'A< pollon, entre autres les batailles d'Alexandre, de M. Le Brun. 11 y eu a aussi beaucoup dans cette gallerie enfermez dans des armoires qui sont Tort beaux. M. Bailly, garde des tableaux du Eoy, en a la clef.
« II y en a aussi au Louvre dans la grande gallerie ob les plans, entre autres des copies d'après le Carache, par . MM. Boulogne. Ces copies sont très-belles et d'autant plus prétieuses que les tableaux originaux sont à Borne et touf gastês.
(I Ne pourroit-on pas en choisir de convenables pour en orner la gallerie du palais des Thuilleries, ditte des Ambassadeurs ? Pour cela on pourroit la meubler de damas cramoisis, Dans tous les palais d'Italie et autres, les murailles des appartemens et des gàlleries sont couvertes de tableaux. Ces murailles ne sont même que peintes en blanc ou en couleur de pierres, et cela ne fait point mal. Les chambres en paroissent plus'grandes et plus claires.
« Outre les tableaux qui seroient dans la gallerie du palais des Tbuilleries, ne pourroit-on pas l'orner de tables de marbre, de marqueteries, etc., de torchères ou candélabres dorez, de lustres, de scabellons, avec des bustes grands et petits de marbre et de bronze? Il y en a une grande quantité dans tous les magasins des bàtimens du Roy, dans les dilTércnts gardemeubles des maisons royalleS et au Louvre dans la salle ditte aujourd'hui des Antiques et qu'on appelloit autrefois la: salle , des Suisses au rez'de-cbaussée. M. de Foncemagne en a la garde. 11 y a aussi dans cette salle plusieurs figures de marbre grandes et petites, anciennes et modernes, dont on pourroit tirer parly, au lieu de les laisser inutiles et dans des endroits où elles ne sont vues de personne. Il y a aussi de prétieux fragmens dans ce corridor voûté qui est au-dessous de la belle colonnade du Louvre, du côté de Saiot-Germainl'Auxerrois.
« On pourroit mettre sur les tables de la gallerie du palais
XXXIl JOURNAL DE LËNOIB.
des Tliuilleries des bronzes, des vases, des porcelaiaes, des giran<loles de cristal, de brome doré et autres. Il ya de tout cela et en quiintilé dans les garde-meubles-de Paris, de Versailles et autres. Il y a même des figures d'argent qui, qiioy qu'elles ne soient pas si estimées des connaisseurs que celles de bronze, ne laissent pas que de parer. Cela a un air de richesse qui ne sied point mal dans un palais. Tous les princes d'Allemagne et d'Italie sont fort riches en cette sorte de parure.
<i Dans le garde-meuble de Versailles, il y a une très-grande quantité de curiosités de la Chine, entre autres désarmes, des cabinets, des coffres, des bahuts, etc., dont on pourroittirer un très-grand party pour orner la gailene des Thuilleries dans les trumeaux, et ailleurs où te jour n'est pas favorable aux tableaux.
n 11 y auroit un moyen bien aisé d'orner les grandes pièces (les différents appartemens ■ et galleries dés maisons royalles et à bien peu de frais ; le voici : loas les tableaux, d'après lesquels on a fait des tapisseries aux Gobelins et d'après lesquels on n'en fait plus, restent aux Gobelins roulés et s'y pourrissent. C'est le plus grand dommage du monde. Il y en a de fort beaux; il faudroit les faire rétablir et' tes encadrer dans des panneaux de menuiserie qui coùteroîent moins que des bordures sculptées et dorées. Ces panneaux pourroient estre peints en couleur de pierre, vernis, ou en blanc seulement. *
 cent trente aus de âîstaoce, et à part la forme vieillie ' du laDgage, on pourrait attribuer la rédaction de ce document à uo de nos amateurs contemporains, dont il semble prévoir et satisfaire les désirs'. Le xvm' siècle n'était donc pas étraQger aux théories les plus modernes en matière d'expositions d'oeuvres d'art. Il nous est, parla, surabondamment démontré à qui est dû le Musée du Louvre. On ue pourra plus nier que sa fondation ait été conçue et réalisée par l'ancien régime. Il ne manqua au gouvernement de Louis XVI que le. temps de l'ouvrir.
1. Voyei un ailicle de M. Boonaffé (Gazette dis Beaux-Arts, bïiU 1811). M. Bonnaffé ne désavouerali pas, je crois, les judicieux aperçus de Boa latelli- \SOnt précurseur de l'autre siècle.
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