Discours sur les monumeiifî publics, elc, p
La réuDion du Loirrre et des Tuileries fut uno dea queslîans agitées dans les E^aaces de la Société populaire et répuijlicame de9 aiis. Voir le Journal de Detournelle,
XXXVIII JOURNAL DE LENOIR
construire, pour le loger, un édifice spécial. Sur le premier point, le gouvernement n'entendit vider le Louvre qu'à conditioD de s'attribuer le droit de le repeupler. M. Vitet a laissé un piquant récit de cette invasion des nouvelles couches de locataires :
a Sous la régence et dans les vingt-cinq ou trente années qui suivirent I), dit M. Vitet, «il n'y eut plus un rapin en faveur qui ne s'arrogeât le droit d'avoir au Louvre un atelier, pas un valet de cour qui n'y introduisit sa famille... C'était une grande hôtellerie où chacun faisait son lit à sa façon.,, Mais bientôt la Conventio"o, en rendant le décret qui consacrait le Louvre à l'étude des Beaux-Arts, donna prétexte à une invasion nouvelle bien autrement violente et encore plus dangereuse pourle monument que celle de 1715. Les cloisons, les entresols, les escaliers, les tuyaux de poêle dontM.de Marigny avait à grand'peine poursuivi la destruction, furent rétablis en un clin d'œil. Pour peu qu'on eût quelque civisme et qu'on sût manier un crayon, on venait choisir un local, et, de gré ou de force, on se logeait avec femme et enfants. Les élèves suivaient le maître et s'installaient à leur tour. En peu de jours tout fut plein. Dans le nombre il se glissa quelques hommes de grand talent ; mais le niveau de l'égalité fit entrer une foule ignorante et bruîale, pour qui le Louvre était une place prise d'assaut. Il existe encore des témoins de ces saturnales. Il faut leur entendre raconter en que! état cette jeunesse avait mis ce malheureux Louvre. De tous côtés ce n'étaient que dégradations, que débris, que décombres. Jamais l'aspect du monument n'avait été si délabré ni si hideux*. »
Ce tableau est d'une admirable vérité *. Toutes les alvéoles de cette immense ruche furent immédiatement occupées du haut en bas par des frelons qui s'y composèrent un nid. Malheur à qui faisait mine de vouloir les déranger. Chacun des privilégiés, pour demeurer en possession de son loge-
). Vitel, le Louvre, 1853, in-S.'p. 93.
3. Cf. comle de Clarac, Musée de sculpture antique et modertte, lome I, p. 397. Le tableau retracé par Clarac est aussi éaergique que celui de Vitcl.