LXII JOTIHIUL DE LENOIR
tioniuâres, qu'elle nommait conservateurs de ses coIle&tîoDs, bornassent leur mission h lui composer le plus beau musée de l'Europe. Elle tes investit du droit de régénérer les arts. C'étaient eux qui avaient mission d'amënager les expositions annuelles, de disposer l'exhibition de tous les concours pour les œuvres d'art. Au point de vue de l'art ancien, le Conservatoire du Musée ne fut qu'un bureau de triage, comparable à celui que ta République organisa pour les archives de la vieille France.
Le marquis Léon de Laborde a parfaitement expliqué ce que demandait la Convention au bureau de triage des archives et ce qu'elle en attendait. Il a montré comment le personnel de ce bureau, pris forcément parmi les spécialistes — le goût ne sufSt pas «n matière d'archives, — avait procédé en quelque sorte contre la loi de son institution, et avait conserva à l'histoire le plus de documents qu'il avait pu. D n'en fut pas ainsi pour les œuvres d'art. Le bureau * de triage partageait tous les mauvais préjugés de la Convention, et, à ce point de vue, remplit ses fonctions avec une ardeur de sectaire. Il s'occupa moins de conserver que de proscrire et de régénérer. Pour comprendre l'établissement et l'organisation de ce triage, il est nécessaire de remonter quelques années en arrière.
Quand TAssemblée nationale eut décidé que les biens du clergé appartenaient à la chose publique, il se forma dans son sein un comité d'aliénation de ces biens, dont le duc de La Rochefoucauld fut président. Le 13 octobre 1790, un décret obligea les directoires des départements et, à Paris, la municipalité à veiller & la conservation des églises et des maisons devenues domaines nationaux et d'en dresser des états pour être envoyés au Comité d'aliénation. Pour éclairer sa surveillance, la municipalité de Paris nomma une commission de savants et d'artistes. De son cAté, le Comité d'aliénation de l'Assemblée nationale s'était entouré d'une
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commîs^on d'hommes spéciaux pour s'occuper de la reclierche des monuments relatifs aux sciences, aux lettres . et aux arts. Après avoir opéré séparément, ces commisEioos se réunirent et se fondirent en une seule, le 6 décembre 1790. Telle fut l'origine de la Commission des monuments. Le 31 mai 1791^ cette Commission décida que le nombre de ses membres resterait fixé à vingt-trois. Elle déclara le mSme jour quel serait le mode de ses élections. lies événements du 1 août, qui avaient ouvert tant de palais & la populace, rendirent plus nécessaire la surveillance des objets d'art destitués d'abris et de protecteurs. Pendant qu'on renvei^ sait toutes les statues de Paris, l'Assemblée législative créa, le 11 août 1792, une commission composée de huit membres, dont quatre choisis par l'Assemblée et quatre nommés par l'administration municipale, pour prendre possession du mobilier de la Couronne et en dresser inventaire. Le 16 septembre 1792, cette nouvelle Commission se réunit à celle qui avait été formée par l'Assemblée constituante en 1790, et, par un décret du 18 octobre 1792, la Convention fixa le nombre des membres de la Commission renouvelée à trente-trois. Elle confirma en môme temps ses attributions.
Quoique créée dans un but purement administratif et fiscal, la Commission des monuments avait en outre été chargée de faire mettre en réserve et en dépôt tout ce qui pouvait servir à l'instruction et aux arts. En effet, le 1 6 septembre 1791, l'Assemblée constituante avait décrété «qu'il serait procédé sans délai par la Commission des monuments au triage des statues, vases et autres monuments placés dans les maisons ci-devant royales et édifices nationaux qui méritent d'être conservés '. » Elle publia des instructions fort utiles * ; elle fut animée des meilleures et plus généreuses
LZnr JOURNAL DE LENOIR.
intentioDS. BAalIieureusenient, toujours modiSëe, entravée, suspectée, accusée tantôt de ne pas conserver ce qui méritait de l'être, tantdt de réserver sans discernement, elle n'eut pas d'autorité efficace, et ne put faire tout le bien qu'on lui demandait d'accomplir après lui en avoir retiré les moyens. Enfin, dénoncée comme incapable à la Convention nationale, le 28 frimaire an II, elle fut sacrifiée comme réactionnaire. « Votre Comité, » disait le rapporteur au nom .du Comité d'instruction publique, « a pensé que le mérite des lumières et des talents était insurgsant si l'on n'y joignait pas un patriotisme très-prononcé. Dans le mouvement actuel et général, le civisme de plusieurs membres de cette Commission a paru stationnaire et celui de quelques-uns arriéré. » On énumérait ensuite toutes les fautes commises, et on comparait les travaux de la Commission des monuments à ceux de la Commission temporaire des arts. Le rapporteur terminait ainsi son réquisitoire : « Les deux commissions ne peuvent subsister en même temps. L'une a mérité des reproches, l'autre des éloges : l'une a laissé dépérir, l'autre a conservé. L'aristocratie naît de la permanence des commissions : celle des monuments était déjà ancienne. » La Commission des monuments dis-
ntimenls, chartes, sceaux, livres, imprimés, monuTnenls de l'anligailé et du moifffn âge, statues, ta&leaux, dessins et autres objets relatifs aux beaux-arts, aux arts mécaniques, à l'histoire naturelle, aux niŒurs, usages de différents peuples tant ancicTis que modernes proveTumt du mobilier des njaiïorw ecclésiastiquesTet faisant partie de biens nationaux. Fuit, imprimerie nitiacale, in-S» de 12 pages (IS décembre 1790).
Instruction pour procéder à la confection du catalogue des bibliothèque* tur lesquelles les directeurs ont dû ou doivent incessamment apposer les icellés. (Aui Comités réuais d'sâministratioa ecclésiutique et d'aliénation des biens nationaui, IS mii I7S1.) Paris, de l'Imprimerie nationale, 1791, iu-Siide IS pages.
Instruction pour la manière de faire les états et notices des monuments de peinture, sculpture, gravure, dessin, etc., provejuint du mobilier des maisons ecclésiastiques supprimées et dont l'envoi est demandé promptement par les Comités réunis d'administration ecclésiastique et d^aliénation des Inens Tiatûmaux (!•' juiliell79l). Imprimerie luUoiiale.'
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