INTRODUCTION. CXV
naUonal ne peuvent pas être souillés par ces « honteux objets », et ces hommes, d'une froideur iii désespérante en face des plus belles oeuvres d'art, jettent feu et flammes, sortent de leur apathie, cabalent pour détourner de leur voisinage les bronzes que Lebrun et le Comité d'instruction publique voulaient leur imposer. Remarquons-le bien. Ces sculptures ne sont pas seulement repoussées. On les méprise au point d'en préparer la destruction ou l'aliénation ; on les renvoie à l'exportation ou au « creuset national» . En effet, sans une haine toute particulière, on pouvait, les trouvant indignes du Muséum, le:; adresser à Lenoir qui savait découvrir des trésors dans les ordures rejetées par le Conservatoire. Mais non, on a fait, en toute connaissance de cause, porter ces bronzesàl'endroitd'où tant d'objets ne sont pas revenus, au plus exploité des bureaux de vente, à celui de la rue de Beaune;
Cette ciiminelle espérance et ces souhaits impies ne se réalisèrent pas. Le Comité d'instruction publique, en cédant à une influence plus puissante que la sienne, eut du moins le courage de ne pas abandonner, aux mille dangers qu'ils couraient dans le dépôt de vente ' , les bronzes qu'il \oulait
sances lucraliTes ci-deiant toiérées telles que des échoppes où il élsTut dei poules, etc.. »
11 Séance du 19 gonninal an IV. — Un membre observe que, dans l'intention d'approprier el de rendre décente- l'entrée du Muséum, les portiers ont été assujettis à supprimer les ca^es à poules qui eilstoient dans la cour ainsi qu'à n'j laisser vaquer aucune espace de Tolaille. Les portiers se sont conforméa  cette iDJonction, mais on Tolt encore des poules salir la cour el les entréss du Huséum. u
■ S thermidor an IV. — Noua vous rappelons, Citoyens, que le minislre de l'Intérieur eiige la décence et fa propreté dans l'intérieur du Husée et que les YolaQles, entretenues et élevées dans la cour, soûl contraires aux arrêtés pris k ce sujet qui vous onld^à été communiqués. Nous tous engageons à soutenir leur eiécutïon par Totre exemple. Salut et fraternité, o
1. Non-seulement on Tendait régulièrement aux enchÈrea, presque touc les jours, à l'hdtel de Nesie, mais encore les créanciers de la nation obtenaient le droit de se rembourser eux-mËmes de leurs créances en prenant, danscedépât, les objets qui leur convenaient après des évaluations arbitraires ou scanda- > leuaea. Vojei : marquis de Laborde, les Archives de la France pendant la \ Kévotutim, édil. in-12, p. 255 et 256. .
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CXVI JOURNAL DE LENOIR
conserver <. Ils restèrent soigneusement emmagasinés chez l'hoanéte Naigeos, gardien de ce dépât. Au bout d'une année, ils y étaient encore. Mais, en septembre 1795, les idées avaient bien changé. Grégoire avait achevé de publier ses fameux rapports. Un certain vent de réaction souCOait déjà. Le Conservatoire n'y fut pas, sans doute, insensible. Les statues des ci-devant tyrans n'étaient plus aussi compromettantes — au contraire — et le même citoyen Picault , le fier rédacteur de la lettre publiée ci-dèssus, qui avait refusé formellement les bronzes quand ils étaient h la porte du Muséum, osa aller les. réclamer avec deux de ses nouveaux collègues.
n Du 28 fructidor, l'an III*. État des objets qu'il (sic) ont Été marquer [sic) au dépôt de la rue dé Baune pour être tranporté (sic) au Muséum, iuivant les demandes des C°> Walie (sic) Picault et Pajoa.
Dans la cour.
A figures de la place des Victoires et les accessoires. 1
4 figures de la statue de Henri IV.
1. u CoiamÎBBion eiécutive da l'Instructioa pablîqua. — 26 Tendémiaire après midi, l'ïD 111° da la Bipubltqtie.
i< Sur le rapport bit à la Commissian, par la citofen Hadsye, du refus à lui fait par le Conservatoire du Muséum natioual des Arts de receroir les bronzes proTenant des d6molilioi)s des statues daus les places publiques, motÎTé sur ce que le CoaaerTa.loire n'a à sa dispositioD aucun local destiné aui objets provisoires, la CouimisBion arrête que les Tollures conlenanl lesdits bromes seront conduites à la maison de Neste, rue de Beaune, charge le citojsn gardien ou concierge de ladite maison de faire serrer lesdits objete jusqu'à la fîialion déQniUïe de leur destinstian et d'en donner une décbarge au citoyen Uadaye chargé de les remettre entre ses mains. '
■ GiNGDENË. Clément de Ris. h
S. — 8 septembre 1795.