‹ Alexandre Lenoir (volume 4)Chapitre 6 sur 166 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

de tout ce qu'on lui avait retiré. Il conforma sa rédaction aux besoins actuels de son musée, h l'état du DépAt au jour où il écrivait. Il omit tous les tableaux. Il négligea les bronzes enlevés pour l'Arsenal, dont llétat n" 2 nous annonce !a destruction, les objets dont il avait modifié l'emploi, qu'il avait laissé vendre au profit de la natioa ou qu'il avait cédés à d'autres administrations. Enfin il décrivit ses monuments, non pas toujours dans les conditions où ils se trouvaient au moment de leur entrée au musée, mais dans la forme qu'ils affectaient h l'époque de la rédaction de l'état n' 1 . n résulte de ce fait qu'on peut savoir assez exactement à quelle époque cet état n" 1 a été rédigé.

Dans son Journal (n' 57), Lenoir s'eiprime ainsi : « Du chapitre Notre-Dame. — Un squelette en albâtre, sculpté, à ce que l'on croit, par François Gentil, n Ce même objet, en l'an VI, p. 105, n° 72 de la Description historique et chronologique, était déclaré attribué à tort à Germain Pilon, sans qu'on tentftt d'en nommer le véritable auteur. En l'an VIII, dans la S' édition de la Description historique et chronologique (p. 191, n° 91), l'attribution nouvelle à François Gentil, consignée dans le Journal, est reconnue inexacte tout comme l'opinion favorable à Germain Pilon. Le Journal a donc été rédigé à un moment où Lenoir, ne croyant plus à Germain Pilon, croyait enoore à François Gentil ; donc le Journal est postérieur à l'an VI et antérieur & la publication de l'an VIII.

La statue du cardinal de Bérulle,'par Ânguier, venant de l'Oratoire de la rue Saint-Honoré, et qui faisait double em* ploi avec une autre statue de Sarrazin venant des Carmélites de la rue Saint-Jacques, était encore intacte en 1793, comme le constate le n" 122 de la Notice succincte. Elle n'était pas brisée non plus en 1795. (Voir le n" 177 de la Notice historique des monuments des arts réunis au Dépôt national de fan 1 V.) On la retrouve encore entière sous le

Xl[ JOURNAL DE LENOIR.

n° 168 de la Description historique et chronologique des mo- 7iwnens de sculpture réunis au Musée des Monun^ens français AeVan V. Dans cette édition (la 3'), trois figures à genoux dumâme personnage sont classées sous lGsn°* 167, 168 et 169. L'édition suivante (la 4") de la Description historique et chronologique des monumens de sculpture de l'an VI, p. ns, constate l'existence et l'intégrité des trois statues sous les n°* 167, 168 et 169. Il en est de même de l'édition de l'an VIII (la 5"), p. 265. Les trois statues y sont toujours sous les mêmes numéros et dans les mêmes conditions de conservation. L'édition de l'an X (la 6')j dans la table des Monumens par ordre de numéros, p. vi, contient cette mention : « N" 167, 168 et 169. — Description des tombeaux érigés à Bérulle », et renvoie à la page 2S2. Mais là on ne trouve la description que d'un seul des trois tombeaux, celui de l'Oratoire, par Sarrazin. La 7° édition de Xi Description de l'an XI reproduit eiactemetit, p. 225, ce que disait la précédente. L'édition de 1806 (la 8") ne parle plus qued'unseultombeau. C'est donc approximativement, entre l'an VIII (1799-1800) et l'an X (1801-1802), qu'eut lieu un accident qui réduisit la statue à n'être plus qu'un buste. La partie du journal de Lenoir qui constate cet accident ne peut donc pas être très-sensiblement antérieure i 1800.

Autre preuve : Lenoir avait reçu des Blancs^anteaux un tombeau qu'il a décrit ainsi dans sa Notice succincte de 1793 : « N° 179. — De la même maison (les Blancs- Manteaux.) — Un groupe en marbre blanc, représentant le lieutenant civil Jean Le Camus ', mort en 1710, à genoux, devant un génie qui tient un livre ouvert, sculpté par Mazurier,etc.» Même rédaction en 179S, daDsla iVo^tcede l'aalV, sous le a" Zl^.ha, Description AèVan Vin, p. 325, sous le n" 317, conserve les mêmes expressions en corri-

1. Aujourd'hui au musie de VerBailles, n" 2764 da utalogue Soulié.

Page 1