INTRODUCTION. XIII
géant le nom de Mazurier en celai de Madère. Dans l'édition suivante, de l'an X, le d* 317 n'est plus qu'un buste. h'accidetil s'est donc produit de 1799 à .1801 environ. L'état n* 1 , qui le constate, est donc approximativement postérieur & la première de ces deux dates. On sait d'ailleurs que, dans le courant de l'anVlII, Lenoir organisait définitivement son Musée, qu'il avait besoin de faire de la place en écartant les objets trop encombrants, et qu'il possédait déjà une suite de bustes des zvn* et zvm* siècles, appelant on complément naturel.
L'état n* 2, rédigé dans un ordre absolument chronologique, commence au premier mois de l'an U, c'est-à-dire le 22 septembre 179.t, et Bnit le 17 floréal an VU, 6 mai 1799. Il porte donc avec lui la date approximative de l'époque où il fut dressé, et le mode de composition de l'état suivant se charge de prouver l'exactitude de cette date.
L'état n" 3, écrit avec plus de négligence que les deux autres, avait été exclusivement tjestiné par Lenoir à constater la sortie des objets qui avaient quitté son musée après avoir été inscrits sur les deux états précédents. Mais, comme après l'an VII, la rédaction des deux premiers états avait été arrêtée, ce troisième état contient, & partir de cette date, le récit plus ou moins ctironologique de quelques autres événements arrivés de l'an VII à 1816 ■.
luutite désormais de multiplier les preuves et de pousser plus loin une démonstration évidente. Si le récit des événements consignés par Lenoir dans les deux premiers états de son journal ne peut être de beaucoup antérieur à l'an VIII, il est également certain qu'il ne peut pas être postérieur i. la même date, puisque le dernier fait signalé par
1. Voyez le Journal, p. US. — Quelque» acqaliitioas oa projets â'acqiiiai~ tiona figareut ï U fois dinï l'état n° 2 et dut l'état n* 3. Vofei les articled 9S8, 961, J040 et IM2. Cela proun que Lenoir cessa seulement ea l'an VI de iMiger l'étal n" 2. A partir de l'sn VUE, il a'j i plus de double récit.
,,.GoogIc
XIT JOURNAL DE LENOIR
l'état n° 2 est du 17 floréal an \n (6 mai 1799). Plus tan], je le répète, à la suite de l'état il* 3 qui, à l'origiDe, devait seulement contenir Ténumératioa des objets sortis du Dépdt, Lenoir a joint le récit de ses principales acquisitions poetérieures à l'an VII, et il a conduit le journal jusqu'en 1816. Mais la première partie ne fut jamais remaniée. Les états n"*' 1 et 2 restèrent tels qu'ils avaient été primitivemeot rédigés àj'époque où ils se trouvèrent arrêtés. La rédaction du journal de Lenoir date donc incontestablement, dans ses parties principales et même pour le début de l'état n" 3, de la fin de l'an VU ou du commencement de l'an VHI. On indiquera, plus loin, le moment oille manuscrit actuel fut matériellement écrit et le temps oil des additions furent faites au 3* état.'
On s'eiplique très-bien comment Lenoir a été amené & rédiger son journal. En l'an VII, c'est-à-dire en 1799, Lenoir avait conduit son établissement, si modeste à l'origine, h un état inouï de prospérité. Le Musée des monuments français était célèbre en Europe. Le fondateur avait déjà fait paraître quatre éditions de son catalogue. 11 pré* parait, depuis nivAse an VI, la publication d'un grand ouvrage in-folio'. H est bien naturel que la pensée de ce bardi créateur se soit alors reportée sur les difficultés de la première heure, et qu'il ait voulu fixer le souvenir du laborieux enfantement de son Musée. Il ne serait pas invraisemblable de supposer même que Lenoir ait, avec un légitime oi^eil, destiné h l'impression le touchant récit de ses faits et gestes. Ce récit aurait très-bîeu pu trouver place dans l'ouvrage in-folio qu'il rêvait alors de publier, et qui n'eut que quelques livraisons.
Le manuscrit du journal que nous imprimons est entièrement de la main de Lenoir, d'une écriture régulière,